Sécurité énergétique de l’Europe : La Norvège souligne le rôle stratégique de l’Algérie
L’Algérie et la Norvège, premier et deuxième fournisseurs de gaz par gazoduc de l’Union européenne, ont réaffirmé leur volonté de consolider un partenariat énergétique appelé à peser durablement sur la sécurité d’approvisionnement du continent, dans un contexte de tensions persistantes sur les marchés mondiaux.
La Norvège, l’un des piliers historiques de l’approvisionnement énergétique européen, a salué le rôle que joue l’Algérie dans la sécurisation des approvisionnements du continent, ouvrant la voie à une coopération technologique renforcée entre les deux pays, notamment dans les domaines de la décarbonation et du captage du carbone. Le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a reçu lundi le vice-ministre norvégien de l’Énergie, Snorre Erichsen Skjevrak, avec lequel il a passé en revue l’état du partenariat entre Sonatrach et le groupe norvégien Equinor, selon un communiqué du ministère. Les deux parties ont salué le niveau de cette coopération, « notamment à travers les projets d’In Salah et d’In Amenas, qui concrétisent la réussite du partenariat algéro-norvégien dans le secteur des hydrocarbures ». Les entretiens ont porté sur l’élargissement des activités de recherche et d’exploration, ainsi que sur les perspectives de coopération dans le gaz naturel, le GNL et la pétrochimie. Le lendemain, le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a reçu le même responsable, l’occasion de souligner, selon un communiqué du ministère, « le rôle vital des deux pays dans le renforcement de la sécurité énergétique mondiale et l’approvisionnement du marché européen en énergie ». Selon les données du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF) publiées début 2026, la Norvège représente 58% des approvisionnements européens par gazoducs, devant l’Algérie, qui en fournit 22%.
L’Algérie s’est aussi distinguée comme le seul fournisseur à avoir enregistré une croissance mensuelle significative de ses livraisons début 2026, confirmant sa fiabilité dans la durée.
C’est sur cette base que repose la coopération technique évoquée à Alger, qui ne porte pas sur une articulation des volumes ou des marchés, mais sur le transfert d’expertise et de technologies. Les entretiens ont ainsi porté sur « les projets de réduction des émissions de méthane et de dioxyde de carbone, les technologies de captage et de stockage du carbone, ainsi que les expertises norvégiennes développées dans les domaines de décarbonation et de développement de solutions technologiques à faibles émissions ». Une délégation algérienne s’est récemment rendue en Norvège pour s’imprégner de « l’expérience norvégienne pionnière dans les domaines du captage et du stockage du carbone, du dessalement de l’eau de mer, ainsi que de la gouvernance et de la régulation du secteur des hydrocarbures ».
L’Algérie est « un partenaire fiable »
Cet échange d’expertise s’inscrit dans la stratégie algérienne de positionnement sur la transition énergétique, alors que Sonatrach a engagé un programme d’investissement de 60 milliards de dollars sur 2026-2030, incluant le forage de 1.450 nouveaux puits, avec l’objectif de doubler à terme sa capacité de production gazière. M. Arkab a réaffirmé à ce titre les efforts de l’Algérie pour « améliorer le climat d’investissement et assurer des conditions propices à une attractivité d’investissements de qualité », mettant en avant la stabilité et la transparence offertes par la loi sur les hydrocarbures. Pour sa part, le secrétaire d’État norvégien a indiqué que son pays et le groupe Equinor souhaitaient « élargir les domaines de partenariat et d’investissement, notamment en matière de développement des ressources énergétiques et de réduction des émissions, voire d’échange d’expertises et de technologies modernes », saluant « la place de l’Algérie en tant que partenaire fiable et acteur clé sur le marché énergétique, régional et international ». Les deux parties ont enfin convenu de finaliser un mémorandum d’entente bilatéral destiné à formaliser ce cadre d’échange technique, distinct de toute logique de partage commercial, dans un contexte où la diversification des sources demeure, pour l’Europe, la véritable clé de sa sécurité énergétique.
Samira Ghrib

