Économie

Ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset : Le CNESE souligne la dimension continentale de l’infrastructure

Le Conseil national économique, social et environnemental (CNESE) a organisé, ce mercredi 22 juillet à l’École nationale d’administration, une rencontre de haut niveau consacrée à la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset. Placée sous la présidence du professeur Mohamed Boukhari, président du CNESE, la séance a réuni un représentant de la présidence de la République, le conseiller du président chargé des Affaires économiques, la ministre haute-commissaire à la Numérisation, le directeur général des Douanes, le président de l’Académie algérienne des sciences et des technologies, ainsi que des représentants ministériels et des experts. Loin de se limiter à une infrastructure de transport, le projet a été présenté comme un multiplicateur économique et continental, porté par une volonté présidentielle affirmée de faire basculer l’Algérie d’une approche méditerranéenne classique vers un ancrage assumé dans sa profondeur africaine. C’est cette bascule géostratégique qui a structuré l’essentiel des échanges. Tamanrasset est ainsi envisagée comme un futur pôle régional de gravité, appelé à relier l’Europe au continent africain, dans une logique de diplomatie de réalisation fondée sur la fiabilité et la crédibilité.

Sur le plan logistique, les intervenants ont insisté sur la réduction du coût de transport des minerais et richesses lourdes à un quart du coût routier, tout en distinguant la rentabilité commerciale du fret de la portée sociale du transport de voyageurs — le tout inscrit dans une logique de « patience stratégique » visant à faire émerger de nouveaux pôles urbains et économiques le long du tracé.

La dimension technique n’a pas été éludée. Les compétences nationales, fortes de l’expérience réussie de la ligne de Gara Djebilet, ont été jugées prêtes à relever les défis climatiques, fortes chaleurs et ensablement,  inhérents à un tel chantier saharien.

Enfin, la rencontre a mobilisé les enseignements des expériences ferroviaires africaines comparables, en insistant sur la nécessité d’une gouvernance stable et d’un modèle d’exploitation commerciale consolidé avant la mise en service, préoccupations que l’État a déjà intégrées à travers un cadre institutionnel articulant politiques foncières et investissements en amont, et sécurisant juridiquement et financièrement la maintenance dès la conception. En clôture, le CNESE a réaffirmé que ce projet traduit une décision stratégique unificatrice, portée par la volonté présidentielle de faire de la géographie algérienne, longtemps perçue comme une contrainte logistique, un avantage compétitif durable au service de l’intégration continentale et des générations futures.

Samir Benisid

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