Économie

Miser sur les start-up pour réinventer l’agriculture 4.0

Et si l’avenir des exploitations agricoles algériennes se jouait déjà dans les incubateurs universitaires et les bureaux des jeunes pousses tech ? C’est le pari que semble esquisser le rapprochement engagé cette semaine entre l’Algérie et deux institutions internationales de premier plan, l’Alliance Biodiversity International et le Centre international d’agriculture tropicale (CIAT), venues sonder le terrain algérien de l’innovation agricole.

Le déplacement de cette délégation, dont le siège se trouve à Rome, n’a rien d’un simple exercice protocolaire. Il s’inscrit dans une séquence où l’Algérie cherche à faire de sa jeunesse entrepreneuriale un levier de modernisation pour un secteur agricole encore confronté à des équations complexes à l’image de la rareté de l’eau, la faible mécanisation et la nécessité d’adapter les cultures aux dérèglements climatiques. Autant de défis que les start-up, avec leurs outils numériques et leurs approches agiles, pourraient contribuer à desserrer. D’après un communiqué diffusé mercredi par le ministère de l’Economie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, la délégation a été accueillie lundi par le département ministériel, en présence de représentants du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, ainsi que du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Un format tripartite qui en dit long sur la volonté des autorités de traiter l’innovation agricole comme un chantier transversal, à la croisée de la recherche, de l’économie et du terrain.

Cette rencontre pose surtout les jalons d’un rendez-vous plus large attendu en octobre à Alger à savoir l’atelier « AgriTech 4 Algeria », conçu pour réunir start-up et incubateurs algériens spécialisés dans les technologies agricoles, en partenariat avec le ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. L’événement s’annonce comme un test grandeur nature de la capacité algérienne à transformer les initiatives entrepreneuriales en solutions concrètes pour les exploitants.

Avant cette échéance, les experts internationaux ont pris le pouls de l’écosystème local en se rendant à l’Ecole nationale supérieure de l’agronomie (ENSA), où ils ont multiplié les échanges avec les responsables de l’incubateur maison et une série de start-up et porteurs de projets. Une immersion qui a permis de mesurer, sur le terrain, le degré de maturité des solutions imaginées par de jeunes ingénieurs et chercheurs algériens.

La délégation a par ailleurs fait escale à « Algeria Venture », l’accélérateur public dédié à l’entrepreneuriat, où elle s’est penchée sur les dispositifs d’accompagnement proposés aux jeunes entreprises, de l’idée initiale jusqu’à la commercialisation.

Reste maintenant à transformer ces échanges de courtoisie en partenariats structurants. Sur ce point, le ministère se veut clair quant à l’objectif poursuivi. « Les discussions ont également porté sur les perspectives de coopération et de partenariat futures dans ce domaine stratégique », indique le communiqué.

Sabrina Aziouez

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