Culture

Cinéma et séries : Séoul propose à Alger de tourner ensemble

L’ambassadeur de Corée du Sud en Algérie, Min Kyung Tae, a plaidé vendredi soir à Alger pour la coproduction de films et de séries télévisées entre les deux pays. Il s’exprimait en marge du « K-Pop Festival 2026 », concours de chant et de danse organisé dans le cadre de la « Semaine coréenne à Alger », et remporté par Dina Sirine Khiari et Ahlem Zerrouk. Le diplomate imagine des œuvres qui réuniraient l’expertise coréenne en matière de narration et les paysages algériens, « du bleu éclatant de la Méditerranée à la majesté du Sahara rouge ». Selon lui, de telles productions seraient « susceptibles de captiver les publics du monde entier ». La série algérienne « Fatma », diffusée durant le Ramadhan, en offre déjà un premier terrain d’entente : elle doit représenter l’Algérie aux « Seoul International Drama Awards 2026 », en Corée du Sud. Cette coproduction audiovisuelle, avec l’intégration des nouvelles technologies dans les arts, figure parmi les pistes envisagées pour « renforcer durablement les liens entre les deux pays », a-t-il indiqué.

Et de conclure sur une note d’ambition qu’ »en associant le riche patrimoine historique et le talent artistique créatif de l’Algérie aux capacités techniques et numériques de la Corée, nous pouvons créer des exemples idéaux de respect mutuel, d’innovation et de prospérité culturelle partagée. » Cette proposition s’appuie sur un constat que l’ambassadeur a lui-même dressé devant l’assistance et mise sur « l’engouement des jeunes Algériens pour la K-Pop (qui) est croissant ». Il y voit le signe que de nouvelles perspectives s’ouvrent à la coopération culturelle algéro-coréenne, à travers une dynamique qui favorise les échanges dans l’enseignement universitaire, la langue, la formation professionnelle et le cinéma.

La rencontre s’est tenue à la salle Ibn-Khaldoun de l’Etablissement Arts et Culture de la wilaya d’Alger, où une dizaine de candidats se sont succédé sur scène. La comédienne Ritaj Abdellah, remarquée dans le rôle de « Fatma » du feuilleton éponyme réalisé en 2025 par Djaffar Gacem, était l’invitée de la soirée. Côté chant, la soprano Dina Sirine Khiari, déjà apparue aux côtés de l’Orchestre symphonique de l’Opéra d’Alger, l’a emporté devant Rania Zebdji, Lydia Issaadi et Radja Kettouche. En danse, Ahlem Zerrouk s’est imposée face à Hanen Soltani, à l’ensemble mixte « Dream Zone » (neuf danseurs), à Djamila Derrahi et à Mohamed Mehadjebia. Les trois premiers cités ont reçu respectivement les 1er, 2e et 3e prix spécial (Popularity Awards). Le jury réunissait le chorégraphe Habib Tata et la chanteuse Nawel Mebarek, côté algérien, ainsi que deux spécialistes sud-coréennes des arts de la scène, Seo Alyerin et Ko Juyoung. Les chanteurs étaient jugés sur « la performance vocale, la prononciation et l’expression », et les danseurs sur les aspects artistique et technique, entre chorégraphie, expression faciale et corporelle, et prestance. Tous ont puisé dans la K-Pop (Korean Pop), genre né en Corée du Sud à la fin des années 1990, qui mêle sonorités électroniques issues du hip-hop, du R&B et de la dance pop, avec un usage intensif de synthétiseurs et de boîtes à rythmes.

Prévue de septembre à novembre, la « Semaine coréenne 2026 » se veut une vitrine de la culture coréenne pour le public algérien. Après la gastronomie avec le « K-Food experience », présenté le 12 septembre, et ce festival, le programme se poursuivra avec le « Korean speaking contest », concours d’expression orale en coréen prévu le 8 octobre, puis une conférence Corée-Algérie sur les stratégies d’avenir le 3 novembre. Le « K-Story Festival », qui projettera deux films coréens le 7 novembre, clôturera la manifestation.

Mohand S.

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