Le FMI salue la robustesse de l’économie algérienne et l’engage à consolider ses acquis
Le Fonds monétaire international dresse un bilan largement positif de la trajectoire économique algérienne en 2025, marquée par une croissance soutenue et des efforts de diversification porteurs, tout en traçant la feuille de route des réformes à venir.
Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé, le 11 septembre dernier à Washington, les consultations au titre de l’article IV avec l’Algérie, saluant une croissance économique robuste et des efforts de diversification qui confortent des perspectives jugées globalement favorables à court terme. Selon l’évaluation des services de l’institution de Bretton Woods, le produit intérieur brut algérien a progressé de 3,9% en 2025, contre 3,7% l’année précédente, une dynamique que le FMI attribue en premier lieu à une stratégie publique résolument tournée vers l’investissement. Signe le plus marquant de cette évolution, le secteur hors hydrocarbures, longtemps présenté comme le principal chantier de la diversification économique nationale, a lui aussi enregistré une croissance de 4,3% en 2025, et devrait se maintenir autour de 4% en 2026. Pour les administrateurs du Fonds, cette performance traduit « la poursuite de la diversification de l’activité économique » du pays. Sur le plan des prévisions, l’institution table sur une croissance qui « devrait rester robuste » à 3,8% en 2026, confirmant ainsi la solidité relative de l’économie algérienne dans un contexte international incertain. « Les perspectives à court terme demeurent globalement favorables », a résumé le FMI, qui inscrit ses projections dans une trajectoire allant jusqu’en 2031.
Des marges budgétaires et extérieures en voie de reconstitution
Le raffermissement des cours des hydrocarbures constitue, aux yeux du Fonds, un levier déterminant pour les mois à venir. Cette embellie devrait, selon l’institution, stimuler à la fois les exportations et les recettes budgétaires, « permettant au pays de reconstituer les marges de manœuvre budgétaires ». Concrètement, les projections du FMI pour la période 2023-2031 anticipent une progression des exportations, qui passeraient de 15,8% du PIB en 2025 à 19,3% en 2026. Dans le même temps, les importations devraient refluer, de 21,9% du PIB en 2025 à 18,5% en 2026, un mouvement de rééquilibrage que l’institution observe avec satisfaction. Le déficit budgétaire, pour sa part, s’est réduit en 2025, un résultat que le Fonds attribue notamment aux versements de dividendes exceptionnellement élevés effectués par les entreprises publiques et par la Banque d’Algérie. Si l’institution appelle, dans la durée, à une consolidation budgétaire progressive afin de renforcer la soutenabilité des finances publiques, elle reconnaît que la conjoncture actuelle offre une fenêtre favorable pour amorcer cette reconstitution des marges de manœuvre.
Un secteur bancaire solide, une sortie de la liste du GAFI saluée
Les efforts déployés par les autorités algériennes pour renforcer la stabilité et l’inclusion financière ont également été mis en avant par les administrateurs du FMI. L’institution note que les banques du pays demeurent liquides, rentables et bien capitalisées, un constat qui conforte la résilience du système financier national. Le Fonds insiste par ailleurs sur l’importance des mesures engagées pour renforcer la supervision financière, les dispositifs de gestion des crises et de la liquidité, ainsi que la gouvernance des banques publiques.
Le FMI a également expressément félicité les autorités algériennes pour le retrait rapide du pays de la liste du Groupe d’action financière (GAFI) recensant les juridictions faisant l’objet d’une surveillance renforcée. Une sortie obtenue en un temps resserré, que les administrateurs du Fonds ont qualifiée de « bienvenue », et qu’ils invitent à consolider par la poursuite de la mise en œuvre du dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Tout au long de son évaluation, le FMI rattache explicitement les résultats enregistrés à l’orientation stratégique fixée par les plus hautes autorités du pays. C’est en effet sur instruction du président de la République que le gouvernement a engagé, ces dernières années, un vaste programme d’investissement public destiné à accélérer la diversification de l’économie nationale et à réduire sa dépendance aux hydrocarbures. Les résultats macroéconomiques de 2025, croissance hors hydrocarbures à 4,3%, réduction du déficit budgétaire, sortie de la liste grise du GAFI, s’inscrivent directement dans le prolongement de cette feuille de route présidentielle, dont le Conseil d’administration du FMI a salué la cohérence et la portée.
Des réformes structurelles à approfondir
Si le satisfecit est net, les administrateurs du FMI n’en appellent pas moins à poursuivre l’effort. Ils recommandent notamment le renforcement de la mobilisation des recettes hors hydrocarbures, l’amélioration de l’efficacité de l’investissement public, ainsi qu’une réforme progressive des subventions énergétiques assortie d’un accompagnement ciblé des ménages vulnérables. Sur le plan monétaire, l’institution plaide pour un ancrage plus clair autour de la maîtrise de l’inflation et pour une plus grande flexibilité du taux de change, de nature à renforcer la capacité de l’économie à absorber les chocs externes.
Enfin, le Fonds a souligné l’importance de poursuivre l’amélioration du climat des affaires, de réduire les obstacles réglementaires et l’informalité, et de renforcer les liens commerciaux et énergétiques de l’Algérie avec l’Europe et l’Afrique, autant de chantiers appelés à consolider, dans la durée, une trajectoire de croissance que le FMI juge d’ores et déjà « robuste et résiliente ».
Sabrina Aziouez

