Le processus de création des nouvelles wilayas se concrétise : Sayoud promet un « saut qualitatif »
La wilaya d’El-Aricha a vécu dimanche un moment que ses habitants attendaient depuis longtemps. Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a présidé la cérémonie d’installation d’Abdelkrim Ben Baba Ali au poste de wali, consacrant ainsi l’entrée de ce territoire dans le cercle des wilayas de plein exercice, en application de la décision du président de la République Abdelmadjid Tebboune portant mouvement partiel dans le corps des walis, des walis délégués et des secrétaires généraux de wilaya. Devant les autorités locales, les notables et une population visiblement fière de cette promotion, le ministre a d’abord transmis les salutations du chef de l’État aux habitants d’El-Aricha, avant de leur adresser ses félicitations pour cette élévation administrative. Il a affirmé que cette décision constituera un « saut qualitatif dans le domaine du développement et dans la gestion des affaires publiques », une formule qui résume à elle seule l’enjeu de cette réorganisation territoriale. Sayoud n’a pas manqué de replacer cet événement dans une perspective plus large. Selon lui, la promotion d’El-Aricha au rang de wilaya de plein exercice, tout comme celle de Maghnia au rang de wilaya déléguée, « traduit la politique judicieuse de l’État algérien et les orientations du président de la République visant à renforcer le développement et à rapprocher l’administration du citoyen ». Le message est clair. Il ne s’agit pas d’un simple redécoupage administratif mais d’une volonté affichée de rapprocher les services publics des populations qui, jusque là, devaient souvent parcourir de longues distances pour accomplir leurs démarches.
Le premier bénéficiaire de cette réorganisation, a insisté le ministre, sera précisément ce citoyen, appelé à profiter du renforcement des moyens, de l’amélioration des services et de la promotion de l’investissement local. Une promesse qui prend tout son sens quand on sait que la nouvelle wilaya, comme l’a expliqué Sayoud, « bénéficiera de moyens et d’un budget qui lui sont propres ». Concrètement, cela devrait permettre de prendre en charge les besoins de développement, de dynamiser l’investissement et d’améliorer sensiblement la qualité des services offerts aux administrés.
Mais l’installation du wali n’est qu’une première étape. Le ministre a tenu à le rappeler, la nouvelle wilaya devra encore se doter des infrastructures nécessaires à son fonctionnement, à commencer par la cité administrative, pièce maîtresse de toute wilaya naissante. Les travaux urgents et indispensables au démarrage effectif de l’institution figurent également au programme des prochaines semaines, le temps que la wilaya puisse exercer pleinement l’ensemble de ses missions. Au-delà du volet institutionnel, Saïd Sayoud a tenu à saluer plusieurs acteurs qui accompagnent, chacun à sa manière, la vie de la région. Il a rendu hommage à l’Armée nationale populaire et aux différents corps de sécurité pour leurs efforts constants, avant de se tourner vers les notables et les cheikhs de la région, dont le rôle social reste déterminant dans ce genre de territoire. Un mot particulier est également revenu à la corporation des médias, dont l’accompagnement tout au long des différentes étapes du développement national a été souligné par le ministre.
La visite ministérielle ne s’est pas arrêtée à la seule cérémonie protocolaire. En marge de l’installation du nouveau wali, Sayoud est allé à la rencontre de plusieurs citoyens d’El-Aricha, prenant le temps d’écouter leurs préoccupations et leurs attentes vis-à-vis de cette promotion tant espérée. Un échange direct qui illustre la volonté du département ministériel de ne pas se limiter aux discours officiels et de prendre le pouls réel des populations concernées. Pour le ministre, l’enjeu dépasse la simple création d’un nouveau siège de wilaya. L’installation des institutions de l’État et des différents services publics dans la région, a-t-il assuré, permettra aux citoyens « d’accomplir leurs démarches administratives et de répondre à leurs préoccupations avec davantage d’efficacité ». Une phrase qui, en creux, dit bien ce que représente cette journée pour les habitants d’El-Aricha, longtemps rattachés à une administration plus lointaine et désormais dotés de leurs propres relais institutionnels.
Reste maintenant au nouveau wali, Abdelkrim Ben Baba Ali, la lourde tâche de transformer cette promesse administrative en réalité tangible sur le terrain.
Massinissa Raïs

