Ghaza : Un an après le cessez-le-feu, le génocide se poursuit à bas bruit
Un an jour pour jour après l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu, l’occupation sioniste poursuit son génocide dans la bande de Ghaza, en privant les habitants d’eau, de nourriture et d’aide humanitaire, a dénoncé samedi l’ONG Human Rights Watch (HRW). « Les forces sionistes continuent de tuer et de blesser des civils dans la bande de Ghaza et de priver les Palestiniens d’eau, de nourriture et d’aide humanitaire suffisantes », affirme l’organisation dans un communiqué, qui déplore la poursuite « des actes de génocide et des crimes contre l’humanité », dont les déplacements forcés et le nettoyage ethnique. Elle plaide pour que la communauté internationale prenne des mesures immédiates afin de protéger les civils et de garantir le respect des droits humains. Selon HRW, le volume de l’aide reste bien en deçà des besoins, les accès humanitaires essentiels sont régulièrement bloqués et la reconstruction n’a toujours pas commencé. « Le monde extérieur se berce peut-être d’illusions dangereuses en croyant que la vie à Ghaza reprend son cours normal, mais la réalité est tout autre », a déclaré Sarah Sanbar, chercheuse par intérim sur la Palestine et l’entité sioniste. À l’approche de l’hiver, les familles vivent dans une précarité extrême, alors que l’Organisation internationale pour les migrations a alerté vendredi que la quasi-totalité de la population, soit près de deux millions de personnes, reste sans abri adapté.
Les secteurs de l’éducation et de la santé sont dévastés. La nouvelle année scolaire a débuté le mois dernier alors que 93 % des écoles étaient détruites ou endommagées, et l’Organisation mondiale de la Santé a recensé 56 attaques contre des établissements de santé entre janvier et août 2026. Aucune structure n’étant pleinement opérationnelle, les organisations humanitaires signalent une hausse des maladies dans les camps et les abris surpeuplés. HRW met aussi en garde contre un risque de famine, lié aux restrictions sionistes sur l’acheminement de l’aide et à la destruction massive des terres agricoles. Citant le Cadre intégré de classification des phases, elle indique que 67 % de la population, soit plus de 1,4 million de personnes, « devraient être confrontés à une crise, voire à une insécurité alimentaire aiguë encore plus grave, entre juillet et décembre 2026 ». Pour l’ONG, « il est impératif » que les dirigeants du monde rejettent catégoriquement toute proposition de déplacement forcé et soutiennent toutes les mesures de responsabilisation.
En Cisjordanie occupée, la même logique est à l’œuvre. Le président du Conseil national palestinien, Rawhi Fattouh, a mis en garde samedi contre une « nouvelle phase dangereuse » de l’agression sioniste, affirmant que la recrudescence des attaques de colons vise à « compromettre les perspectives d’établissement d’un Etat palestinien indépendant ». Les exécutions sommaires, le pillage, le vol des récoltes d’olives et des troupeaux, commis sous la protection de l’armée d’occupation, constituent selon lui « une mise en œuvre concrète des plans de déplacement forcé, de nettoyage ethnique et de recomposition démographique ». Il a rappelé que ces actes violent la quatrième Convention de Genève et peuvent constituer des crimes de guerre, déplorant que les déclarations internationales restent insuffisantes tant qu’elles ne se traduisent pas en sanctions et en une protection internationale du peuple palestinien.
Les élections reportées d’un an
Sur le terrain, l’agence Wafa a rapporté au moins douze attaques de colons samedi matin dans les gouvernorats de Ramallah, Naplouse, Qalqiliya, Al Khalil et Ariha. Des cueilleurs d’olives ont été chassés de leurs terres, des agriculteurs frappés et aspergés de gaz poivre, des biens volés et des habitations prises pour cible. Depuis le 7 octobre 2023, la Commission de résistance au mur et à la colonisation a recensé 62.916 agressions en Cisjordanie, El-Qods comprise. Le ministère palestinien de l’Agriculture chiffre à 157 millions de dollars les pertes de la production d’olives et à 100.000 le nombre d’oliviers détruits, arrachés ou incendiés en trois ans. Sur le plan politique, le président Mahmoud Abbas a décrété samedi la tenue simultanée des élections présidentielle et législatives le 11 septembre 2027, repoussant de près d’un an le scrutin législatif prévu le 28 novembre 2026. La présidence invoque « des obstacles imposés par les mesures (sionistes) qui empêchent la tenue des élections à la date initialement prévue », ainsi que la nécessité de réunir des conditions « appropriées afin de garantir des élections libres, équitables et inclusives ». Les autorités palestiniennes affirment que leurs responsables électoraux se voient refuser par l’occupant l’accès à El-Qods-Est et à Ghaza. Mercredi au Caire, quatre factions, dont le Fatah et le Hamas, étaient convenues de tenir un « dialogue national » et, selon une source proche des discussions, de demander un report du vote.
L.S.

