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Séismes : Alger et Tokyo coopèrent sur l’évaluation de la résistance des immeubles

L’Algérie dispose désormais d’un guide national pour évaluer la résistance sismique des immeubles en béton armé de moyenne hauteur et pour les renforcer. Il est le fruit d’un projet mené avec l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), dont la conférence de clôture s’est tenue samedi à l’École nationale d’administration, à Alger.

Placée sous l’égide de la Délégation nationale aux risques majeurs, qui relève du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, la rencontre s’est ouverte devant le secrétaire général du département, l’ambassadeur du Japon, le délégué national aux risques majeurs, la représentante résidente de la JICA et plusieurs experts nippons. Le communiqué du ministère indique que l’initiative donne corps aux orientations du ministre Saïd Sayoud, qui veut renforcer la prévention des risques majeurs. Le projet entend, selon le texte, fournir « une référence scientifique et technique pour évaluer les bâtiments existants et définir les mesures nécessaires à leur renforcement », afin de limiter les effets des catastrophes sismiques.

L’enjeu est d’abord humain. Le séisme du 21 mai 2003, d’une magnitude de 6,8, avait frappé Boumerdès et l’est d’Alger et fait plus de 2 300 morts et 10 000 blessés, avec plus de 100 000 logements ou constructions détruits ou plus ou moins gravement touchés. Les poteaux et poutres en béton armé, système le plus répandu du bâti algérien, avaient alors montré leurs faiblesses. Le procès qui a suivi avait mis en cause les fraudes et les défauts de construction à l’origine du lourd bilan des effondrements. La wilaya de Boumerdès a ensuite été classée en zone sismique de troisième degré, ce qui a imposé des règles de construction plus strictes. Mais ces règles ne valent que pour le neuf. Reste le parc existant, bâti avant ces exigences, que le nouveau guide permet justement d’examiner.

La coopération avec Tokyo n’est pas nouvelle. Ce projet visait à évaluer la vulnérabilité sismique d’un échantillon représentatif de constructions en Algérie, en vue d’un guide national conforme aux normes internationales mais adapté aux spécificités locales. En 2025, l’Algérie avait par ailleurs reçu, en présence du délégué national Abdelhamid Afra et de l’ambassadeur du Japon, un important lot d’équipements scientifiques destiné à approfondir l’évaluation des risques, tandis que des experts algériens suivaient des formations au Japon, pays rompu à la construction parasismique. Les travaux de la conférence ont donné lieu à des exposés techniques sur le contenu du guide et ses modalités d’application, suivis de débats entre spécialistes et représentants des institutions concernées. Le communiqué y voit un moyen de valoriser les résultats du projet sur le terrain et d’ancrer une approche « préventive fondée sur la science, la connaissance et une planification efficace ».

Chokri Hafed

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