« Louisa Ighil Ahriz, mes derniers souvenirs » sort dans toutes les salles du pays : La mémoire en pleine lumière
Après sa présentation mercredi à la Cinémathèque d’Alger, le documentaire de Mohamed Ouali consacré à la moudjahida sort en salles du 11 au 14 octobre sur l’ensemble du territoire national.
Le public algérien peut désormais voir « Louisa Ighil Ahriz, mes derniers souvenirs ». Le documentaire de Mohamed Ouali, dévoilé mercredi dernier à la Cinémathèque d’Alger devant des artistes, des professionnels du cinéma et des journalistes, est à l’affiche des salles du pays du 11 au 14 octobre, chaque jour à 17 heures, a annoncé le Center algérien de développement du cinéma. La soirée de mercredi était organisée, rappelons-le par le Centre algérien de la cinématographie et le CADC, sous le patronage de la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda. Celle-ci était représentée par sa cheffe de cabinet, Nacera Ayaïchia. Produit par le ministère des Moudjahidine et des Ayants droit, ce long métrage de 54 minutes s’inspire du livre autobiographique que la moudjahida a écrit avec la journaliste Anne Nivat, publié en 2001 chez Fayard.
Le film remonte à l’adolescence de Louiza Ighil Ahriz. À 15 ans, elle s’engage dans la boulangerie de son père, devenue un relais essentiel pour les militants du FLN. Toute la famille y participe. Des armes sont dissimulées dans des brioches, des tracts dans des baguettes, et la jeune fille facilite la circulation des documents et des munitions. Arrêtée le 28 septembre 1957, elle passe par plusieurs prisons et centres de torture, où elle retrouve sa mère et sa sœur et subit des interrogatoires aux méthodes inhumaines.
Pour éclairer ce parcours, le réalisateur a réuni les historiens et chercheurs Mohamed El Korso, Malika Belatrous et Benjamin Stora, l’enseignant en sciences politiques Houssam Hamza, les journalistes Zahra Biryah et Florence Beaugé, ainsi que le cinéaste Mohamed Rachedi.
À l’issue de la projection, Mohamed Ouali a précisé son intention. « Nous avons essayé de transformer ses mémoires en un film documentaire artistique profond afin de réconcilier le public avec le film documentaire », a-t-il expliqué. Il a aussi insisté sur la transmission, indiquant qu’il « voulait aussi faire parvenir la mémoire algérienne à cette nouvelle génération numérique avec des méthodes modernes. » Pour lui, la moudjahida « a choisi de rouvrir des pages pour confronter l’Histoire à une parole à la fois sincère et douloureuse ».
La salle s’est ensuite levée pour applaudir la grande dame de la Révolution, qui a reçu un trophée honorifique au nom de la ministre de la Culture et des Arts. Prenant la parole, Louiza Ighil Ahriz a adressé ce message à la jeunesse en rappelant que « l’Algérie est un trésor. Il faut bien en prendre soin. La richesse de l’Algérie est sa jeunesse. »
Le film n’en est pas à sa première sortie publique. Il avait déjà été présenté en avant-première le 29 avril dernier à la Cinémathèque d’Annaba, dans le cadre de la 6e édition du Festival d’Annaba du film méditerranéen. Sa diffusion en salles à travers le pays doit lui permettre de toucher un public plus large.
Mohand Seghir

