Clôture d’une résidence artistique au Tassili n’Ajjer : Une démarche d’appropriation artistique
Après plusieurs jours passés au contact des gravures et des peintures du Tassili n’Ajjer, les étudiants des écoles des beaux-arts réunis à Djanet ont bouclé leur résidence artistique, initiée par l’Office national du parc culturel du Tassili n’Ajjer (ONPCT) à l’approche du Festival international de l’art rupestre, prévu du 19 au 24 octobre 2026, a appris l’APS auprès de la direction de la Culture et des arts de la wilaya. Six établissements ont pris part à cette expérience. L’École nationale supérieure des beaux-arts d’Alger a envoyé ses étudiants, rejoints par ceux des écoles régionales d’Azazga, de Tipasa, d’Annaba, de Mostaganem et de Batna. Tous ont eu l’occasion d’aborder les richesses artistiques et historiques de ce patrimoine dans son environnement d’origine, loin des salles de cours et des reproductions.
Le terrain a justement occupé une place centrale dans le programme. Les participants ont multiplié les sorties vers plusieurs sites archéologiques majeurs de la région, parmi lesquels Djanet, Bordj El Haouès, Didder, Tin-Taghirt, Idaren et Iherir. Sur place, ils ont pu observer directement gravures et peintures rupestres, et s’attarder sur les symboles et les témoignages qu’elles renferment. Ces traces, rappelle-t-on, aident à mieux comprendre les civilisations qui ont marqué le Sahara, ainsi que les dimensions culturelles et humaines portées par cet art ancestral.
Au-delà de la découverte, la démarche visait une appropriation artistique. Les organisateurs ont voulu valoriser le patrimoine humain exceptionnel de la région et montrer qu’il peut nourrir une création contemporaine. Les étudiants ont ainsi approfondi leur connaissance de la signification historique des gravures et des motifs propres au Tassili, tout en s’inspirant de leurs qualités esthétiques et de leurs principes plastiques. L’objectif était qu’ils réalisent des œuvres traduisant leur propre regard sur cet héritage civilisationnel. Pour que l’expérience se déroule dans de bonnes conditions, l’ONPCT a assuré l’accompagnement des participants. Selon la même source, toutes les conditions nécessaires ont été réunies, avec les moyens et le soutien requis, afin de permettre aux jeunes artistes de vivre une immersion conjuguant connaissances historiques et pratique artistique. La résidence a aussi servi de lieu de rencontre entre institutions culturelles et établissements de formation. Elle a offert aux étudiants l’opportunité de se confronter de près à l’une des composantes majeures du patrimoine universel, dans une région où la roche tient lieu de mémoire.
À quelques jours de l’ouverture du festival, cette étape consacre une volonté claire. Faire du Tassili n’Ajjer non seulement un site à préserver et à visiter, mais une source vivante d’inspiration pour la nouvelle génération d’artistes algériens.
Mohand S.

