École nationale supérieure des Beaux-Arts : « Talaqi », un espace de partage avec le public
L’École nationale supérieure des beaux-arts d’Alger accueille, à partir de jeudi et pendant trois jours, la troisième édition de « Talaqi » (« Rencontre »). Ce rendez-vous mêle expositions, conférences et performances, sous le mot d’ordre « Venez comme vous êtes », dans l’établissement qui forme depuis 1843 les artistes algériens. Les organisateurs présentent ce temps fort comme un espace de partage, d’expérimentation et de découverte. Chaque visiteur est invité à trouver sa propre porte d’entrée dans cet univers, à travers des approches à la fois médicales, juridiques et artistiques. La manifestation donne rendez-vous aux acteurs de « Talaqi » dans ce que ses promoteurs appellent la forteresse de la formation artistique en Algérie.
L’école conserve une riche bibliothèque d’ouvrages d’art, dont beaucoup datent d’avant l’indépendance. Elle a vu passer des générations de calligraphes, d’enlumineurs et de plasticiens. Elle recrute parmi les titulaires du baccalauréat ou d’un diplôme étranger reconnu équivalent, sur concours d’entrée. Le cursus dure cinq ans et débouche sur un master professionnel en arts plastiques et en design.
Six écoles régionales complètent le dispositif, à Batna, Constantine, Oran, Mostaganem, Azazga (Tizi Ouzou) et Tipasa. L’accès s’y fait sur la base d’une épreuve écrite et d’un examen psychologique, pour quatre années de formation. Les spécialités vont des arts plastiques à la sculpture, en passant par la décoration, le marbre, la communication visuelle et la miniature.
Le palmarès des anciens témoigne de cette fécondité. On y trouve les maîtres de la miniature et de l’enluminure Mohamed Temmam, Abderrahmane Aïdoud et Abdelmalek Medjoubi, ainsi que Boubaker Sahraoui et Moussa Kechkache. Les sculpteurs Abdelhamid Sahraoui et Mohamed Talbi y figurent aussi, tout comme le calligraphe Abdelhafidh Kadri. Il faut y ajouter Tewfik Lebsir, pionnier du cinéma d’animation passé par Tachkent, et les scénographes Abdelhamid Ziane et Abdelghani Chentouf. S’y distinguent encore le Pr Mohamed Ben Saïd Chérifi, enseignant de calligraphie arabe et d’enluminure, Mouloud Kara, spécialiste du graphisme, Farid Merabet et Mohamed Iskander, figure du graphisme industriel.
M.S.

