Importations : Un comité permanent pour trier les demandes et resserrer la vis
Un comité permanent chargé du suivi et du traitement des demandes d’importation a été créé auprès du ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, en vertu du décret exécutif 26/327 paru au numéro 72 du Journal officiel publié ce mercredi 14 octobre. Présidé par le ministre du Commerce extérieur, l’organe réunit autour de la même table le ministre des Finances, le gouverneur de la Banque d’Algérie, le président de l’Association professionnelle des banques et des établissements financiers (ABEF) et celui du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), ou leurs représentants. Administration, banques et patronat sont ainsi associés à l’examen des dossiers. Sa mission est précise. Le comité doit examiner et émettre son avis sur les demandes d’importation « pour chaque opération », y compris celles réalisées pour propre compte par tout opérateur « dans le cadre de ses activités de production et de service », dans la limite de ses besoins. Il doit aussi réserver un traitement d’urgence aux produits « revêtant un caractère sensible et/ou prioritaire », afin de garantir l’approvisionnement du marché national et le bon fonctionnement des unités de production. Il propose en outre toute mesure susceptible de faciliter le traitement des demandes et analyse périodiquement les données de la plateforme numérique dédiée à leur enregistrement. Le décret prévoit enfin que le ministre transmet chaque semaine au Premier ministre un rapport détaillé sur les activités du comité.
Cette création s’inscrit dans le chantier de réorganisation du commerce extérieur. Le Programme prévisionnel d’importation (PPI) a été introduit en juillet 2025 pour renforcer le contrôle et lutter contre la fraude. Depuis, les plateformes numériques se sont multipliées. Celle des PPI a rouvert le 23 juin pour le second semestre 2026, celle des importations de services est devenue obligatoire le 1er août, et une plateforme de traitement des requêtes des importateurs a été lancée le 11 août.
Les chiffres rendus publics début septembre expliquent la vigilance des pouvoirs publics. Le ministère a indiqué que 3 961 opérateurs employant entre zéro et cinq salariés avaient déposé des demandes représentant 130,32 milliards de dollars, et annoncé une opération de contrôle portant sur leurs importations du premier semestre 2026 et des années précédentes. Pour mémoire, l’ONS avait relevé une hausse de 28,4 % des importations au premier semestre 2025, à 29 milliards de dollars, avec un déficit commercial proche de 5,5 milliards. L’enjeu est double. Il s’agit de maîtriser la facture d’importation et de traquer les déclarations fantaisistes, sans pour autant fragiliser l’approvisionnement du marché ni l’outil de production qui dépend d’intrants importés. La rapidité de traitement des dossiers jugés prioritaires sera, à ce titre, le premier test du nouveau dispositif.
Chokri Hafed

