Politique

5.631 listes en lice pour les Locales du 28 novembre : La crainte du couperet de l’ANIE plane sur les partis

L’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a arrêté, lundi, le bilan définitif des candidatures aux élections locales du 28 novembre avec 5.631 listes pour les Assemblées populaires communales (APC) et 434 pour les Assemblées populaires de wilaya (APW), soit près de 163.000 prétendants à un siège. Mais alors que l’Autorité a entamé l’examen des dossiers, les formations politiques retiennent leur souffle, hantées par le spectre des rejets massifs enregistrés lors des dernières législatives.

Dans son communiqué, rendu public en application du décret présidentiel 26-284 portant convocation du corps électoral et de l’ordonnance 21-01 relative au régime électoral, l’ANIE détaille la physionomie du scrutin. Pour les APC, 5.371 listes ont été déposées sous l’égide d’un parti, 239 sont indépendantes et 21 relèvent d’une alliance de partis, pour un total de 141.388 candidats. Du côté des APW, sur 434 listes, 405 portent les couleurs d’un parti, 24 sont indépendantes et 5 émanent d’alliances, avec 21.476 candidats. L’écrasante part des listes partisanes, plus de 95 % dans les communes comme dans les wilayas, confirme le poids des appareils dans cette consultation. Reste l’épreuve de la validation. L’ANIE doit vérifier la conformité de chaque candidature aux conditions légales, avant de l’accepter ou de la rejeter. Tout rejet doit faire l’objet d’une décision motivée, notifiée dans les dix jours suivant le dépôt, faute de quoi la candidature est réputée acceptée. L’intéressé dispose ensuite de trois jours pour saisir la juridiction administrative d’appel territorialement compétente, qui tranche sous quatre jours. Une fois les décisions définitives rendues, les listes sont complétées, les candidats écartés remplacés, puis l’Autorité publie les listes arrêtées. La campagne électorale s’ouvrira trois semaines avant le scrutin et s’achèvera trois jours avant le vote. Le cahier des charges est exigeant. Chaque liste doit compter sept candidats de plus que les sièges à pourvoir dans les circonscriptions à nombre impair de sièges, et six de plus dans celles à nombre pair. Sous peine de rejet, elle doit comprendre un tiers de femmes, réserver au moins la moitié des places à des candidats de 40 ans au plus et compter au moins un tiers de diplômés de l’université. L’exigence de parité est écartée pour les communes de 20.000 habitants ou moins. Les élus le seront pour cinq ans, au scrutin de liste ouverte à la proportionnelle avec vote préférentiel, sans panachage. À cela s’ajoute le nouveau découpage territorial. Dans les wilayas nouvellement créées, les listes présentées sous l’égide de partis sont dispensées de la collecte de signatures, à condition de remplir l’un des deux critères tirés des résultats ou de la représentation du parti dans la wilaya mère.

C’est sur ce terrain que l’inquiétude s’installe. Les partis et les listes en course redoutent la répétition du scénario des législatives passées, où un grand nombre de dossiers avaient été écartés, notamment pour des soupçons de liens avec l’« argent sale » ou des agissements jugés contraires à l’éthique de la pratique politique.

Hocine Fadheli

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