Exportations : L’Afrique en ligne de mire
Fini les stands pour la vitrine. Le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, a installé mardi à Alger une commission multisectorielle chargée de bâtir le programme officiel de participation de l’Algérie aux manifestations économiques à l’étranger pour 2027 et 2028, avec une consigne claire, miser d’abord sur le continent africain et mesurer chaque déplacement à l’aune des ventes qu’il génère. La réunion a rassemblé des représentants des départements ministériels, des organismes publics et des organisations professionnelles. Selon le communiqué du ministère, la commission devra « élaborer un programme officiel et intégré de participation de l’Algérie aux foires, salons et manifestations économiques et commerciales organisés à l’étranger ». Elle aura aussi pour tâche de « programmer des foires dédiées aux produits algériens sur les marchés extérieurs », afin d’orienter la présence nationale vers les destinations offrant de réelles opportunités aux entreprises du pays. Le ministre a placé l’Afrique en tête de la feuille de route. Les perspectives commerciales y sont jugées prometteuses et le continent offre aux opérateurs algériens de quoi développer leurs activités et conquérir de nouveaux débouchés. M. Rezig a insisté pour que cette présence se traduise par de véritables partenariats et des opérations d’exportation concrètes, et non par de simples apparitions dans les allées des salons.
C’est sur ce point qu’il a été le plus tranchant. La participation algérienne aux foires internationales, a-t-il soutenu, « doit dépasser la présence traditionnelle et la présentation des produits pour devenir un véritable outil permettant d’ouvrir les marchés, de mettre en relation les exportateurs algériens avec les acheteurs, importateurs et distributeurs, et d’encourager les partenariats, pour des résultats commerciaux tangibles ».
Pour y parvenir, le choix des événements devra obéir à une approche économique et commerciale rigoureuse. Le ministre a demandé de tenir compte de la spécificité de chaque marché, de la demande réelle pour les produits algériens, des secteurs à potentiel d’exportation et des possibilités de nouer des partenariats ou de signer des contrats. Les foires consacrées exclusivement aux produits algériens, notamment sur les marchés jugés prioritaires, doivent permettre une promotion directe et des contacts commerciaux immédiats avec les homologues locaux. M. Rezig a enfin appelé les secteurs, les organismes publics et les organisations professionnelles à contribuer à un programme fondé sur des critères économiques clairs, qui prenne en compte les capacités de production et d’exportation des entreprises nationales. La coordination entre tous les intervenants doit garantir la cohérence du calendrier avec la politique de promotion des exportations.
Samir Benisid

