Palestine occupée : Guterres somme de cesser l’« annexion rampante » de la Cisjordanie
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a de nouveau exigé lundi de l’entité sioniste qu’elle mette un terme à l’« annexion rampante » de la Cisjordanie occupée, dénonçant une expansion des colonies qui ne connaît aucun répit. Au même moment, la présidence palestinienne alertait sur la gravité de l’escalade visant El Qods-Est et la mosquée Al-Aqsa, où les incursions de colons et de responsables sionistes se poursuivent depuis trois jours. Devant le Conseil de sécurité, c’est Ramiz Alakbarov, représentant adjoint de l’ONU pour le Moyen-Orient, qui a lu le message du chef de l’Organisation. M. Guterres y condamne fermement l’extension continue des colonies et affirme que cette annexion insidieuse est illégale, dépourvue de tout effet juridique, et qu’elle doit cesser. Il s’alarme aussi des attaques toujours plus fréquentes des colons, des démolitions illégales de biens palestiniens et de l’emprise grandissante des implantations, jugeant le niveau de violence « profondément alarmant ». Pour lui, ces évolutions violent le droit international, enracinent une occupation illégale et piétinent le droit du peuple palestinien à disposer de lui-même.
Les exactions des colons n’ont cessé de s’aggraver en Cisjordanie occupée depuis le déclenchement de l’agression génocidaire sioniste contre la bande de Ghaza, en octobre 2023. Selon les chiffres de l’ONU, plus de 500 000 colons occupent aujourd’hui des colonies implantées sur cette terre, au milieu d’environ trois millions de Palestiniens.
À El Qods, le porte-parole de la présidence palestinienne, Nabil Abou Rudeineh, a mis en garde, selon l’agence Wafa, contre une escalade systématique ciblant la ville sainte occupée. Il a qualifié les incursions dans Al-Aqsa de provocatrices et de condamnables, y voyant une violation flagrante du statu quo historique et juridique. L’occupation, a-t-il expliqué, cherche à imposer le fait accompli pour toucher à l’identité de la ville et à ses lieux saints, musulmans comme chrétiens. Une tentative vouée à l’échec, selon lui, qui ne conférera aucune légitimité à l’occupant. M. Abou Rudeineh a rappelé qu’El Qods-Est demeure un territoire palestinien occupé et que la mosquée Al-Aqsa, sur l’intégralité de ses 144 dounams, est un lieu de culte exclusivement musulman, qui ne saurait être partagé, quelles que soient les circonstances. Il a tenu les autorités sionistes pour pleinement responsables des conséquences de cette politique, qui menace d’embraser toute la région et de relancer un cycle de violence. Les mesures de l’occupant ne créeront ni droit ni légitimité, a-t-il martelé, et ne remettront pas en cause le droit des Palestiniens à faire d’El Qods la capitale de leur État indépendant.
R.I.

