Arabie saoudite : Les Houthis revendiquent une frappe contre Aramco, Riyad hausse le ton
Les Houthis du Yémen ont affirmé, mercredi, avoir visé le site d’Aramco à Dhahran, l’aéroport de Riyad et une raffinerie de la capitale saoudienne. Le ministère saoudien de l’Énergie a confirmé qu’un bâtiment du groupe pétrolier avait été touché la veille au soir, évoquant un incendie limité et aucune victime. Cette revendication intervient après plus d’une semaine d’attaques quotidiennes contre le royaume, sans précédent depuis l’intervention de la coalition militaire menée par Riyad au Yémen, en 2015. Selon le ministère, la frappe a touché un bâtiment à Dhahran, ville de l’est du pays qui abrite le siège d’Aramco. Deux employés de l’entreprise, sous couvert d’anonymat, ont déclaré à l’AFP qu’une tour du siège avait été atteinte et que « les trois derniers étages ont été détruits ». Une deuxième source informée a confirmé la frappe. L’agence indique ne pas avoir été autorisée à accéder au site et n’avoir pu vérifier de manière indépendante l’étendue des dégâts. Les Houthis ont promis de poursuivre leurs attaques contre les installations pétrolières et les aéroports saoudiens. À Riyad, de fortes explosions ont été entendues mercredi, et la défense civile a émis des alertes, ensuite levées. La coalition a dit avoir intercepté un missile tiré en direction de la capitale. Les autorités saoudiennes ont fait état de quatre blessés, dont deux femmes et un enfant, touchés par des débris de missiles. Samedi, des frappes sur l’aéroport de la capitale avaient fait 13 morts et des centaines de blessés selon RFI et l’AFP, 12 morts selon l’agence Anadolu. D’après un journaliste de l’AFP, les tirs semblent se rapprocher du centre-ville, alors que la plupart visaient jusqu’ici la périphérie.
Sur le terrain, la coalition a frappé Sanaa, tenue par les Houthis, et la province d’Hodeïda. Elle affirme avoir intercepté plusieurs missiles et drones dans l’est et le sud de l’Arabie saoudite. Les Houthis accusent Riyad d’avoir mené 104 frappes aériennes en 24 heures, qui auraient fait des victimes civiles. Cette allégation n’est pas confirmée de source indépendante dans les éléments disponibles. Le porte-parole militaire houthi, Yahya Sarea, a prévenu que toute attaque contre Sanaa entraînerait une riposte.
Lors d’un conseil des ministres présidé par le prince héritier Mohammed ben Salmane, l’Arabie saoudite a déclaré qu’elle ne tolérerait aucune menace contre sa sécurité nationale ni contre la liberté de navigation en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb. Elle a averti que les Houthis seraient tenus responsables des attaques contre l’aéroport, la ville sainte et les infrastructures économiques.
Les réactions internationales se multiplient. Le Fonds monétaire international s’est inquiété que ces attaques puissent renchérir les cours des hydrocarbures et affecter les populations « partout » dans le monde. Mardi, le président américain Donald Trump a dénoncé les attaques, sans se prononcer sur d’éventuelles frappes américaines. Sur Truth Social, il a écrit que les Houthis avaient « refait surface, probablement à la demande de l’Iran », et les a accusés de chercher à faire grimper les prix du pétrole. Le mouvement n’a pas réagi dans les éléments disponibles. Les hostilités ont repris en juillet, après l’effondrement de la trêve instaurée en 2022. Début octobre, les forces gouvernementales yéménites, soutenues par la coalition, ont lancé l’opération « Aube du Yémen » pour reprendre des territoires tenus par les Houthis, lesquels contrôlent Sanaa depuis 2014. Ces forces peinent à progresser, tandis que les Houthis ont resserré leur étau sur Taëz, troisième ville du pays.
L.S.

