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Il fait une saison exceptionnelle : Maza, la griffe d’un Fennec qui fait trembler la Bundesliga

Auteur d’un but et d’une passe décisive samedi face à Fribourg, Ibrahim Maza a porté le Bayer Leverkusen vers un succès précieux (2-1) lors de la 6e journée de Bundesliga, en présence du sélectionneur allemand Jürgen Klopp. Le milieu offensif des Verts, 20 ans, a profité de l’occasion pour réaffirmer qu’il n’a aucun regret, il est, et reste, international algérien.

À la BayArena, le natif de Berlin a livré une prestation XXL, dans la droite ligne de sa saison précédente. Le numéro 10 de la Werkself a tout simplement tenu le match entre ses crampons. Dos au jeu, cerné par deux adversaires du côté du poteau de corner, il s’est retourné avant de se défaire de ses gardes du corps d’un petit pont, puis de servir Patrik Schick d’une offrande astucieuse. L’attaquant tchèque l’avait lui-même lancé sur l’égalisation en première période. Fribourg, jusque-là invaincu, a fini par plier face à ce duo en état de grâce. Élu homme du match, Maza est resté d’une humilité remarquable. À qui lui parlait d’un match parfait, il a répondu : « J’ai quand même commis quelques erreurs. Je pense que si l’on ne fait pas d’erreurs, c’est qu’on n’est pas assez courageux. » Interrogé sur la présence de Klopp en tribune, il a éludé avec sobriété. « Je ne sais pas ce qu’il a pensé. J’espère qu’il me considère comme un bon joueur. Mais aujourd’hui, je suis un international algérien et j’en suis fier. Je pense également que l’Allemagne possède d’excellents joueurs », rétorque-t-il. Passé par les sélections allemandes de jeunes, des moins de 17 ans aux moins de 20 ans, le joueur avait basculé vers l’Algérie en septembre 2024. Un choix qui continue d’alimenter les regrets outre-Rhin, à mesure que le garçon grandit.

Au micro de BILD, le Fennec a salué l’adversaire du jour, tout en rappelant l’ambition des siens. « Tout mon respect à Fribourg, mais nous avons montré ce dont nous étions capables. », a-t-il affirmé. Il a aussi vanté sa complicité naissante avec le Tchèque en disant que « Schick et moi construisons une excellente entente. Plus nous jouons longtemps ensemble, plus nous nous comprenons et progressons. » Sur le plan personnel, le message est clair et il affirme que « les objectifs de l’équipe passent avant tout. Si je peux contribuer en marquant des buts ou en délivrant des passes décisives, j’en serai très heureux. Mais, bien sûr, j’ai également mes propres ambitions. »

Dans le vestiaire comme sur le banc, l’unanimité règne. L’entraîneur Carles Martínez s’est dit conquis. « Je suis très satisfait de lui. Il a du talent et nous apporte énormément», souligne le technicien catalan qui apprécie particulièrement la polyvalence de son joueur et ajoute qu’ « il est dynamique, alterne souvent entre des positions plus reculées ainsi que le côté droit et le côté gauche. » Et d’ajouter que Maza « est jeune, mais incroyablement doué. Mais ce que j’apprécie peut-être encore plus, c’est sa volonté d’aider l’équipe et de toujours progresser. »

Le capitaine Edmond Tapsoba n’est pas en reste. Le Burkinabé, très proche de l’Algérien, a poussé l’éloge très loin. « Quand je vois ce qu’il fait à l’entraînement, je ne suis pas impressionné. C’est l’un des meilleurs joueurs en Bundesliga. Il a un potentiel incroyable et toutes les qualités pour être l’un des meilleurs joueurs au monde. » Sa qualité de contrôle et son aisance dans les petits espaces rappellent, pour certains, la science du jeu d’un Zinédine Zidane. Côté analyse, le consultant Polo Breitner, invité de « Génération After » sur RMC, souligne l’impact du changement tactique. « Il est mis en valeur par le coach, parce qu’on est passé d’un 3-6-1 à un 4-2-3-1 très classique, avec un numéro 10 qui s’appelle Ibrahim Maza. », analyse-t-il.  Il confie même sa préférence pour un repositionnement. « Je préfère le reculer en 8. » Admiratif du gabarit comme du bagage technique, il lâche que « Maza fait partie de mes chouchous. »  Sur le marché, la cote du jeune crack s’envole, désormais estimée à 50 millions d’euros. La Premier League le suit avec insistance, ce qui pousse le Bayer à accélérer sur le front de la prolongation, avec à la clé un salaire supérieur à 4 millions d’euros par an. Les dirigeants rhénans savent qu’ils tiennent un joyau.

Moncef Dahl

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