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Béjaïa : Les spécialistes se penche sur la filière oléicole

Des mois de travail peuvent s’envoler en un geste mal maîtrisé. Une « seule erreur commise durant ce processus peut ruiner le travail de toute une saison », a averti Dr Firdousse Laincer-Merdjane, enseignante à l’Université Abderrahmane-Mira de Béjaïa. Elle s’exprimait lundi lors d’une journée d’étude consacrée à la filière oléicole. À cette occasion, les experts présents ont plaidé pour l’adoption de méthodes modernes et pour l’innovation afin d’élever la qualité de l’huile d’olive. La rencontre, organisée par le Centre de recherche en technologies agroalimentaires (CRTAA), s’est tenue sous le thème « La filière oléicole en Algérie : enjeux de production et stratégies de valorisation ». Elle a permis à des chercheurs universitaires de présenter les procédés récents susceptibles d’améliorer l’huile produite et de mieux la positionner sur le marché. Dans sa communication, intitulée « De l’olive au produit d’excellence en Algérie : procédés de fabrication et composition biochimique de l’huile d’olive », Dr Laincer-Merdjane a expliqué que la qualité d’une huile « se construit à travers plusieurs étapes ». Tout commence au verger, avec la cueillette, avant de se poursuivre par le stockage des fruits, leur trituration à l’huilerie, puis la conservation de l’huile. Chaque maillon de la chaîne engage donc le résultat final. L’universitaire a aussi rappelé que la valeur d’une huile ne se limite pas à sa teneur en acides gras. Elle tient également à sa richesse en polyphénols, en vitamine E et en composés aromatiques. Selon elle, l’Algérie possède de sérieux atouts pour développer la filière : un savoir-faire transmis de génération en génération, des variétés locales et des huiles au profil phénolique riche.

Le témoignage de terrain est venu d’Akkouche Adel, oléiculteur et gérant d’une huilerie à M’Chedallah, dans la wilaya de Bouira. Il a affirmé que le passage à des méthodes modernes lui avait permis d’obtenir une huile distinguée dans plusieurs concours organisés à travers le monde. Il a par ailleurs plaidé pour la valorisation des sous-produits de la filière, en particulier le grignon d’olive. Il envisage notamment de nouvelles pistes dans le secteur cosmétique, avec le développement d’une gamme de produits à base d’huile d’olive et de grignon. Dr Souraya Mettouchi-Tamedjari, enseignante-chercheure à l’université de Béjaïa, a pour sa part souligné le rôle de la recherche scientifique dans l’optimisation des produits oléicoles, à commencer par l’olive de table, pour répondre aux exigences de qualité.

R.R.

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