Réduction du torchage et des émissions de méthane : Sonatrach signe plusieurs accords et confirme ses engagements
Sonatrach a signé, mardi à Alger, deux accords de coopération consacrés à la réduction du torchage et des émissions de méthane, l’un avec l’allemand VNG AG et le norvégien ICA-Finance, l’autre avec deux institutions du Groupe de la Banque mondiale. Ces textes, paraphés en marge d’un atelier sur le financement climatique et les marchés du carbone, ont pour but d’installer des outils de mesure, d’attirer des financements et de préparer l’après-hydrocarbures. Les deux cérémonies se sont tenues au Centre international des conférences Abdellatif-Rahal, à l’invitation du ministère des Hydrocarbures et de Sonatrach. Le PDG du groupe, Nour Eddine Daoudi, y a présidé les signatures.
Le premier document est un mémorandum d’entente tripartite avec VNG AG et ICA-Finance, représentés respectivement par Ulf Heitmuller et Matthew Harwood. Selon le communiqué, il vise à réduire les émissions et à développer des solutions bas carbone, tout en favorisant le transfert de technologies et le renforcement des capacités. Concrètement, il soutient le déploiement de systèmes de mesure, de notification et de vérification, dits MRV, et la mise en œuvre de mesures pour limiter les fuites de méthane lors de l’exploitation. Il doit aussi permettre de mobiliser des financements climatiques grâce aux crédits carbone.
Cet accord prolonge deux étapes antérieures. Sonatrach avait conclu un mémorandum avec ICA-Finance en octobre 2024, consacré aux projets de réduction des émissions, puis un autre avec VNG AG en juin 2026, centré sur le méthane tout au long de la chaîne gazière. Le communiqué précise qu’il s’inscrit au cœur de la stratégie climatique du groupe, qui ambitionne de jouer un rôle central dans la transition énergétique. Il prévoit la création en Algérie d’un pôle énergétique pour développer et exporter de nouvelles solutions bas carbone.
M. Daoudi y voit « une importante opportunité de renforcer la coopération et le partenariat international, face aux défis actuels, tels que la réduction du torchage du gaz ». Il a rappelé l’objectif du groupe d’atteindre le zéro torchage à l’horizon 2030, la baisse des émissions de méthane figurant parmi ses priorités environnementales. M. Heitmuller a de son côté évoqué une « nouvelle étape importante » dans un partenariat fondé, selon lui, sur « la confiance, la fiabilité et l’engagement en faveur d’une coopération à long terme ». M. Harwood a estimé que la démarche couronne deux années de travail sous le précédent mémorandum et ouvre une nouvelle phase.
Le second document est un protocole d’entente avec la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et la Société financière internationale (SFI). Il a été signé en présence du vice-président de la Banque mondiale pour la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Pakistan et Afghanistan, Ousmane Dione. Il a pour objet d’identifier et de développer des opportunités de coopération dans la réduction du torchage et des émissions de méthane, ainsi que dans l’accélération de la transition énergétique par l’hydrogène vert et ses dérivés. Il couvre aussi la pétrochimie et les engrais, et prévoit d’explorer des collaborations valorisant l’expertise internationale de Sonatrach, notamment en Afrique. Le protocole repose sur l’assistance technique et le partage de bonnes pratiques, avec des études technico-économiques, l’évaluation des options de financement et le renforcement des compétences. Sonatrach, bénéficiaire, assurera la supervision opérationnelle de sa mise en œuvre. M. Daoudi a affirmé que la signature « marque le lancement d’un processus de coopération qui nécessite la conjugaison des efforts ainsi que le sérieux et le professionnalisme de toutes les parties ». M. Dione a salué une « étape importante, couronnant plus d’une année de travail et de coordination » entre les équipes, ainsi que l’expérience acquise par Sonatrach, qui lui permet d’élargir ses activités sur le continent africain. Il a assuré que le Groupe de la Banque mondiale était disposé à accompagner ces orientations. Samira Ghrib

