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Jeux olympiques Tokyo-2020

Des Jeux Olympiques à huis-clos. C’est la triste annonce qu’a faite jeudi la ministre japonaise en charge des JO de Tokyo. Et ce n’est pas la première fois que le pays est maudit avec les JO. Tokyo avait déjà dû annuler des Olympiades, c’était en 1940 en raison de la seconde guerre mondiale. En 2020, avec le Covid le pays a préféré les reporter d’un an plutôt que de les annuler, espérant que la crise serait passée en 2021. Malheureusement avec la propagation des variants du virus, le Japon a du resserrer la vis. Ce sont d’abord les touristes et spectateurs étrangers qui ont été interdits en mars dernier. En juin, les organisateurs ont instauré une jauge à 50% dans les enceintes sportives. Avant de finalement renoncer aux spectateurs pour les épreuves se déroulant dans la région de Tokyo. Et au-delà de la déception d’assister à la finale du 100 mètres olympique dans un stade olympique totalement vide, le coût financier pour l’organisation risque d’être dramatique. Le premier choc concerne la billetterie. La vente de billets pour les épreuves (65 euros en moyenne la place) est une manne importante qui représente aux alentours de 15-20% des recettes. Tokyo 2020 avait initialement prévu de vendre 8 millions de billets, puis 4,5 millions avec l’arrivée du Covid en 2020. Avec la jauge à 50% décrétée en juin, l’organisation tablait encore sur 2,7 millions. Ce sera finalement quasiment aucun. Des épreuves en dehors de Tokyo pourront se dérouler avec du public comme au vélodrome de Shizuoka ou au stade de football de Sapporo. Mais elles ne représentent qu’une part infime des spectateurs attendus initialement. L’organisation avait prévu d’engranger 680 millions d’euros de ventes de billets… A cela il faut ajouter la crainte de voir les sponsors de retirer. Une douzaine d’entreprises japonaises parmi lesquelles Canon et le géant de l’agroalimentaire Ajinomoto ont déjà fait savoir qu’elles annulaient des événements promotionnels et qu’elles fermaient leurs stands sur les lieux des épreuves. Un coup dur alors même que les JO de Tokyo avaient battu un record en sponsoring. 60 entreprises locales avaient versé plus de 2,5 milliards d’euros pour parrainer les Jeux (Canon, Fujitsu, Asics…). Un record. Tokyo avait battu le précédent record de Londres qui avait engrangé aux alentours de 1 milliard auprès d’entreprises locales. Des sponsors qui avaient déjà dû remettre 165 millions au pot avec le report d’un an et qui craignent désormais d’avoir investis ces sommes à fonds perdues avec ces jeux sans touristes et sans spectateurs. Un désastre financier à la hauteur du coût faramineux de Tokyo 2020. Ces JO sont d’ores et déjà les jeux d’été les plus chers de l’Histoire. Ils devaient initialement coûter 13 milliards de dollars. Le retard d’un an a entraîné un surcoût de 2,5 milliards. Au total le coût total est estimé à 15,5 milliards de dollars. Plus cher que Londres 2012 (15 milliards de dollars), Barcelone 1992 (9,7 milliards de dollars) ou Pékin (6,8 milliards de dollars) selon les estimations de la Said Business School de l’Université d’Oxford. Et il reste des inconnues: les chaînes vont-elles renégocier les droits télé à la baisse ? Les sponsors vont-ils demander à être partiellement rembourser ? Tokyo 2020 n’est peut-être pas au bout de ses peines.

R.S.