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La décision « unilatérale » prise récemment par la commission de l’Union Africaine intégrant l’entité sioniste comme observateur au sein l’organisation continentale,  commence à soulever des vagues au sein des pays membres de l’UA, qui demandent des explications concernant une telle décision.C’est en effet, le cas du gouvernement de l’Afrique du Sud, qui a émis  mercredi passé, une objection à cette décision prise par la Commission de l’UA, exigeant à ce sujet des explications.

« Gardant à l’esprit que cette question a été examinée par l’Union Africaine en 2013, 2015 et 2016, et que la demande n’a pas été approuvée, l’Afrique du Sud note que les critères d’accréditations des Etats non-africains, des organisations internationales et d’intégration régionales sont claires sur le fait que les buts et objectifs des Etats ou organisations non africains souhaitant être accrédités au sein de l’UA, doivent être conformes à l’esprit et aux principes de l’Acte constitutif de l’Union Africaine », souligne dans cette lettre d’objection qui sonne  comme un rappel à l’ordre.

La mission sud-africaine à l’UA précise qu’ «outre les considérations politiques évidentes », ayant motivé par le passé le rejet de la demande d’adhésion  de l’entité sioniste en tant qu’observateur au sein de l’UA, « il existe également des considérations juridiques selon lesquelles la conduite d’Israël n’est pas conforme aux valeurs inscrites dans l’Acte constitutif de l’Union africaine ».C’est à ce titre que la mission diplomatique sud-africaine, au sein de l’UA, « demande des précisions sur les considérations prises en compte pour revenir sur les précédentes décisions prises en 2013, 2015 et 2016 sur cette question ».

Elle rappelle également que l’UA a constamment  réitéré « son soutien au peuple palestinien » dans sa lutte pour un Etat indépendant et souverain et El Qods comme capitale, appelant l’entité sioniste « à respecter ses obligations en matière de droit international ».« Compte tenu de cet historique et de ce contexte », la délégation sud-africaine à Addis-Abeba a indiqué que l’Afrique du Suds’attend à ce que le président de la Commission de l’UA, informe les Etats membres de l’Union, de la nouvelle demande d’accréditation émise par l’entité sioniste.Le gouvernement sud-africain demande au président de la Commission, Moussa Faki, « d’informer officiellement les Etats membres de l’UA de la base juridique et de la justification politique de l’octroi d’accréditation à l’entité sioniste ». Elle « la commission diplomatique »  informe également Moussa Faki, qu’en plus de faire objection à cette décision, l’Afrique du Sud, exige que cette question soit inscrite à l’ordre du jour du Conseil exécutif de l’Union africaine.

C’est la même opposition qu’a exprimé jeudi le gouvernement namibien.  « Accorder le statut d’observateur à une puissance occupante est contraire aux principes et objectifs de l’Acte constitutif de l’Union africaine, en particulier au moment où l’Etat d’Israël multiplie ses actes d’oppression en violation totale du droit international et au mépris des droits de l’Homme du peuple palestinien », souligne le ministère namibien des Relations internationales et de la coopération dans un communiqué consulté par l’APS.

Le ministère namibien des Relations internationales souligne, en outre, que cette décision « est également contraire à l’engagement ferme et solide des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA à soutenir la cause palestinienne, comme en témoignent les différentes déclarations adoptées à chaque session ordinaire de l’Assemblée », estimant que la solution à deux Etats est à même de résoudre le conflit au moyen orient.A ce titre, la Namibie « se dissocie donc de l’octroi du statut d’observateur à l’Etat d’Israël, tandis que la raison de la perte de son (l’entité sioniste) statut d’observateur en 2002 reste inchangée ».Elle maintient que l’entité sioniste « ne peut récupérer le statut d’observateur auprès de l’UA qu’à la condition qu’il cesse d’occuper la Palestine et accorde à son peuple le droit à l’autodétermination ».Pour rappel, l’Algérie a condamné, via un communiqué  du ministère des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, l’octroi de ce statut d’observateur à l’entité sioniste au sein de l’Union Africaine, en affirmant à ce sujet  il ya une semaine jour pour jour que « prise sans le bénéfice de larges consultations préalables avec tous les Etats membres, cette décision n’a ni la vocation, ni la capacité de légitimer des pratiques et comportements dudit nouvel observateur qui sont totalement incompatibles avec les valeurs et objectifs consacrés par l’Acte Constitutif de l’Union Africaine ».

B. Amrani