Benabderrahmane au Forum économique algéro-francais : L’affranchissement de la dépendance aux hydrocarbures en priorité

Le Premier ministre, Aïmen Benabderrahmane, a réitéré, hier, « l’engagement du gouvernement à accompagner les investisseurs désirant accéder au marché algérien ».

Indiquant que les axes qui allaient être abordés par les participants dans les ateliers du forum économique algéro-français, « constituent des opportunités de partenariat dans divers secteurs », celui-ci s’est attardé sur certaines « priorités du Gouvernement visant à diversifier l’économie nationale, s’affranchir de la dépendance aux hydrocarbures et attirer les investissements étrangers directs (IDE), productifs et créateurs de richesse et d’emplois ».

Le Premier ministre, qui s’exprimait à l’ouverture du forum économique algéro-français, et qui a été placé sous le thème « Algérie-France: pour un partenariat économique rénové », a mis l’accent à cet effet sur certains secteurs notamment, les énergies renouvelables et la transition énergétique, les industries agroalimentaires, manufacturières telles les industries mécaniques, électroniques et électroménagères, textile, cuir, les activités de sous-traitance y afférentes ainsi que l’industrie pharmaceutique. Donnant quelques détails relatifs au programme du Gouvernement, Aïmen Benabderrahmane, a indiqué, qu’ « un plan de développement ambitieux a été lancé dans le secteur des énergies renouvelables et de la transition énergétique pour diversifier les sources d’énergies, puisque l’Algérie ambitionne de produire près de 15 000 mégawatts d’électricité vers 2035, avec l’objectif d’atteindre 1000 mégawatt dans une première étape ». « Nous travaillons sur l’efficacité énergétique pour rationaliser la consommation à travers l’amélioration de l’isolation thermique des habitations, et ce, par la réhabilitation graduelle du parc immobilier et la généralisation de l’utilisation des lampes électriques », a-t-il ajouté. Pour ce qui est de l’industrie agro-alimentaire, « l’objectif est d’atteindre la sécurité alimentaire et d’exporter plusieurs produits notamment vers les marchés africains et asiatiques », a déclaré le Premier ministre qui a évoqué, en outre, la nécessité de « porter à la hausse la production » et d’ « améliorer la qualité pour s’arrimer avec les standards internationaux ». Il a rappelé, à cet effet, que « le secteur agricole contribue à hauteur de 14,7% au produit intérieur brut (PIB) et emploie 20% de la main-d’œuvre nationale ». « Le gouvernement travaille à réduire la facture des importations qui généralement dépasse les 10 milliards de dollars pour les produits alimentaires seulement », a-t-il ajouté. Le premier ministre a également évoqué les industries manufacturières, « dont chaque branche a bénéficié d’un plan de développement », tout comme la sous-traitance y afférente. Celle-ci, a-t-il précisé, qui contribuera à arriver à une « intégration locale plus importante », a bénéficié de « plusieurs avantages comme l’exemption sur les taxes douanières et la TVA pour les matières premières importées ou achetées localement ». Par rapport à l’industrie pharmaceutique, le Premier ministre a précisé, que « afin de garantir sa sécurité sanitaire », l’Algérie a adopté une politique qui va lui permettre de « couvrir au maximum les besoins nationaux et exporter même en direction des marchés africains ». C’est dans ce sens que celui-ci a appelé à « porter le partenariat entre le groupe Saidal et les entreprises françaises à un niveau supérieur permettant l’élargissement de la gamme des produits fabriqués localement pour inclure les vaccins et les médicaments essentiels à forte valeur ajoutée ».

La France, premier investisseur hors hydrocarbures

Aïmen Benabderrahmane a profité de cette occasion pour énumérer quelques-unes des réformes entreprises dans l’objectif d’améliorer le climat des affaires. Il a cité la « modernisation de l’administration douanière et fiscale et du secteur bancaire, à travers la mise en place de modes de gestion modernes basés sur la transparence, la numérisation et la simplification des procédures », ou encore « la révision de la règle 51/49 qui concerne désormais les seuls secteurs stratégiques, outre la renonciation par l’Etat du droit de préemption, à l’exception de la cession des parts des sociétés au sein des organismes qui exercent une activité stratégique ». Le Premier ministre a également évoqué la loi sur l’investissement et les textes d’application y afférents. Un cadre juridique « plus flexible et intégré », dira-t-il, auquel s’ajoute, « la révision en cours du cadre législatif et réglementaire de gestion du foncier destiné à l’investissement ». Celui-ci a également mis l’accent sur les infrastructures de base dont dispose le pays, comme le réseau ferroviaire ou routier, mais aussi les grands projets intégrés comme la route transaharienne et celle qui va relier l’Algérie à la Mauritanie, des projets qui, selon lui, vont ouvrir des perspectives importantes pour les investisseurs français pour ce qui est du marché de l’Afrique de l’Ouest. « L’emplacement géographique privilégié de l’Algérie, trait d’union entre l’Europe, l’Afrique et le monde arabe, et le nombre d’accords de libre-échange avec ces régions, ouvrent de nouvelles perspectives pour l’investissement en Algérie et pour l’orientation vers l’exportation vers l’Afrique », a-t-il encore déclaré.

D’une manière générale, le Premier ministre a indiqué que ce forum économique traduit « la volonté politique des dirigeants des deux pays de raffermir les relations bilatérales et aller de l’avant vers le développement d’une nouvelle conception du partenariat économique basé sur les principes de la Déclaration d’Alger » signée le 27 août dernier entre les Présidents Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron. S’exprimant aussi à l’ouverture de ce forum, la Première ministre française, Elisabeth Borne, a indiqué que « les entreprises françaises étaient prêtes à participer à la diversification de l’économie algérienne ». « J’ai la conviction que nous serons plus forts ensemble, la conviction que la coopération entre les entreprises algériennes et françaises peut être à l’origine de grandes réussites », a-t-elle ajouté. Mme Borne a tenu à rappeler que la « déclaration d’Alger », un texte « ambitieux », a-t-elle précisé, engage l’Algérie et la France « à avancer dans de nombreux domaines comme la transition énergétique, le numérique, la santé, l’agroalimentaire ou encore l’industrie ». Un texte « auquel il faut maintenant donner vie ». Celle-ci a tenu à rappeler que « la France a toujours été un partenaire majeur de l’Algérie, le second en termes commercial, avec un volume d’échanges qui ne cesse d’augmenter, et surtout le premier investisseur hors hydrocarbures en Algérie ». « Ce qui représente la preuve de la volonté de nos entreprises de construire, et de ne pas se cantonner à un secteur unique », a-t-elle déclaré, précisant qu’ « il s’agit de bâtir des liens durables et mutuellement bénéfiques dans tous les domaines ». Le première ministre française a estimé, en dernier lieu, que l’Algérie, en adoptant la nouvelle loi sur l’investissement « prend le chemin de l’attractivité ». Il est à rappeler que ce forum économique a eu lieu au lendemain de la tenue de la 5e session du Comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN). Ce dernier a été sanctionné par la signature de plusieurs accords dans les domaines de la culture, de l’enseignement supérieur, l’emploi, le tourisme et l’artisanat, des start-ups, l’agriculture et l’agroalimentaire ainsi que dans la coopération industrielle et technologique.

Elyas Nour

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