Le ministère des Sports lance une offensive nationale pour qualifier ses cadres
Athlétisme, handball, gymnastique, judo, préparation physique : le ministère des Sports a déclenché en avril 2026 une vague de formations spécialisées sur l’ensemble du territoire national. De Oran à Annaba en passant par Sétif et Biskra, plusieurs établissements sportifs accueillent simultanément des cycles destinés à élever le niveau de l’encadrement algérien. Un signal fort, au moment où les exigences de la compétition internationale n’ont jamais été aussi élevées. C’est par voie de communiqué publié ce lundi que le ministère des Sports a officialisé le coup d’envoi de cette initiative. Le texte la présente comme s’inscrivant « dans la stratégie nationale visant à qualifier davantage les cadres sportifs et à renforcer leurs compétences », dans le cadre plus large d’une « politique de développement des ressources humaines et d’amélioration de l’encadrement sportif ». En clair : le secteur a décidé de s’attaquer frontalement à l’un de ses talons d’Achille historiques, la formation des formateurs.
Le dispositif a été amorcé dès le 12 avril 2026 avec le lancement de sessions pour l’obtention du certificat d’éducateur sportif, aux premier et deuxième degrés, en régime de temps partiel. Quatre disciplines sont concernées dans cette première vague : l’athlétisme, le handball, la gymnastique et le judo. Les formations se déroulent au complexe sportif Miloud-Hadefi d’Oran, vitrine sportive de l’ouest du pays, ainsi qu’à l’Institut d’Aïn Benian, en périphérie d’Alger, pour la spécialité de l’athlétisme. Ces certificats d’éducateur sportif constituent le socle de la pyramide de qualification en Algérie. Ils permettent à leurs titulaires d’encadrer officiellement des pratiquants, de prendre en charge des groupes d’entraînement et de s’inscrire dans les structures fédérales et associatives. Leur délivrance en régime de temps partiel est un choix pédagogique délibéré : il permet à des encadreurs déjà en activité, souvent bénévoles au sein de clubs, de se former sans interrompre leurs engagements quotidiens.
Une semaine plus tard, le dispositif monte d’un cran. À partir du 20 avril 2026, l’École supérieure des sciences et technologies du sport (ESSTS) ouvrira ses portes à une promotion d’éducateurs principaux des activités physiques et sportives, toutes disciplines confondues. Cette formation de troisième degré, menée en coordination avec l’École nationale des sports olympiques de Sétif, s’adresse à un public déjà expérimenté, en quête d’une qualification supérieure. Elle représente l’échelon le plus exigeant du cycle lancé ce mois-ci.
Parallèlement, un volet dédié à la préparation physique viendra compléter l’offre de formation. À l’École régionale des sports olympiques de Biskra, des cycles seront ouverts aux titulaires d’une licence en éducation physique et sportive ainsi qu’aux éducateurs principaux souhaitant se spécialiser dans ce domaine. La préparation physique, longtemps parent pauvre de la formation sportive algérienne, fait ainsi l’objet d’une attention particulière dans ce programme. Le Centre de regroupement et de préparation des élites nationales de Seraïdi, niché dans les hauteurs d’Annaba, viendra clore le dispositif géographique. Il accueillera des sessions de préparation physique destinées aux titulaires d’un niveau d’enseignement secondaire ou supérieur. Au total, ce sont donc cinq établissements répartis sur quatre wilayas — Oran, Alger, Sétif, Biskra et Annaba — qui sont mobilisés simultanément en ce mois d’avril, couvrant un spectre allant du certificat élémentaire à la formation supérieure.
Dans son communiqué, le ministère ne cache pas les ambitions qui sous-tendent cette mobilisation. Le secteur y « réaffirme son engagement à bâtir une base humaine qualifiée, capable de répondre aux exigences du développement sportif », avec pour objectif déclaré « d’améliorer la qualité de l’encadrement et des performances, et de contribuer à la réalisation de résultats honorables aux niveaux national et international ». Et d’insister sur le fait que « cet effort s’inscrit dans une vision stratégique fondée sur l’investissement dans les compétences et la construction de l’avenir sportif national ».
M.D.

