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Royal à propos de la visite du Pape Léon XIV en Algérie : « Une belle leçon d’histoire »

La visite du pape Léon XIV en Algérie, les 13 et 14 avril 2026, n’a pas seulement marqué les esprits par sa dimension religieuse. Elle a aussi rallumé, en France, un débat politique persistant sur la reconnaissance des crimes coloniaux en Algérie. À la Grande mosquée d’Alger, en présence du président Abdelmadjid Tebboune, le souverain pontife a prononcé des mots qui ont immédiatement résonné au-delà des cercles catholiques : « L’Algérie est un grand pays, doté d’une longue histoire riche en traditions, depuis l’époque de saint Augustin et bien avant. » Ces propos ont suscité une réaction immédiate de l’ancienne ministre française Ségolène Royal. Sur le réseau social X, la présidente de l’association France-Algérie — fondée par Edmond Michelet et Germaine Tillion, tous deux déportés pour leur résistance avant de s’engager contre le système colonial — a salué une « belle leçon d’histoire ». « Merci pour cette belle leçon d’histoire qui répond en vérité à ceux qui répètent qu’avant la colonisation, il n’y avait rien, l’Algérie n’existait pas », a-t-elle écrit, visant sans les nommer les tenants d’une thèse largement répandue à droite et à l’extrême droite françaises.

En ce contexte, les mots du pape prennent une résonance particulière. Ségolène Royal n’a pas manqué de le souligner, formulant un vœu explicite à l’adresse des responsables français : « Je me mets à espérer que ces mots élevés du chef d’État du Vatican servent d’exemple, un jour, à une parole d’État française, avant qu’il ne soit trop tard. » Elle a conclu sur un engagement personnel : « Ce jour viendra, je ferai tout pour cela. Car c’est la base d’une réconciliation forte et créative que nous devons aux jeunes générations des deux rives de notre commune Méditerranée. »

La visite du souverain pontife a également été saluée par les responsables de l’Église catholique en Algérie. Mgr Paul Desfarges, ancien archevêque d’Alger, a déclaré à l’APS que ce déplacement était « porteur d’une profonde dimension humaine et spirituelle » et qu’il consolidait « les valeurs de dialogue et de coexistence entre les religions ». Il a aussi rappelé l’importance de l’héritage de saint Augustin, natif de l’actuelle Annaba, y voyant « une base pour promouvoir le dialogue entre musulmans et chrétiens ». Pour Mgr Desfarges, la visite constitue « une opportunité de mettre en avant un modèle de coexistence basé sur le respect mutuel, la paix et l’amitié », à un moment où, selon lui, le contexte international appelle « encore plus d’initiatives pour la coexistence et davantage de compréhension ».

Chokri Hafed

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