Plus d’un million de signatures pour dénoncer l’injustice en Palestine occupée
En trois mois, plus d’un million d’Européens ont signé la pétition réclamant la suspension de l’accord d’association liant l’Union européenne à l’entité sioniste. Un seuil historique, franchi mardi, qui contraint désormais la Commission européenne à se saisir officiellement de la question. Pendant ce temps, à Ghaza, des dizaines de milliers de déplacés survivent dans des camps surpeuplés où les épidémies se propagent, tandis qu’en Cisjordanie occupée, les forces d’occupation poursuivent leur campagne d’arrestations et de spoliation. L’initiative citoyenne européenne, portée par La France insoumise et ses alliés au Parlement européen, a recueilli le nombre de signatures requis pour déclencher l’obligation de réponse de l’exécutif communautaire. « En trois mois, nous avons recueilli le million de signatures nécessaires pour contraindre la Commission à agir sur la suspension de l’accord UE-entité sioniste ! C’est historique ! », s’est félicitée La France insoumise. Le député Paul Vannier, élu de la 5e circonscription du Val-d’Oise, a appelé sur les réseaux sociaux à « continuer à signer et à partager la pétition afin de s’assurer que la Commission européenne respecte son obligation d’y répondre ». L’accord visé, entré en vigueur en 2000, organise le libre-échange entre l’Union européenne et l’entité sioniste dans de nombreux secteurs économiques. Mais son article 2 conditionne explicitement son application « au respect des droits de l’homme et des principes démocratiques ». C’est précisément sur cette clause que s’appuient les initiateurs de la pétition pour exiger sa suspension. « Les citoyens de l’Union européenne ne sauraient tolérer que celle-ci maintienne un accord qui contribue à légitimer et à financer une entité commettant des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre », écrivent-ils. Les deux critères juridiques requis pour que la Commission soit contrainte d’agir sont désormais remplis : le cap du million de signatures a été franchi et le seuil minimal de signataires a été atteint dans au moins sept États membres.
Cette mobilisation citoyenne sans précédent intervient alors que la situation humanitaire à Ghaza atteint un degré de catastrophe que les organisations internationales peinent elles-mêmes à qualifier. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a lancé mercredi une alerte grave sur les conditions de vie dans les camps de déplacés de la bande de Ghaza. Selon l’agence onusienne, « la détérioration continue des conditions de vie contribue directement à l’aggravation des crises sanitaires au sein de la population ». Les équipes humanitaires déployées sur place ont constaté « la propagation de maladies de peau parmi les résidents de centaines de camps, ainsi qu’une prolifération de rongeurs et d’autres nuisibles, ce qui complique encore la situation sanitaire et menace de propager d’autres maladies ». OCHA reconnaît que ses partenaires « se heurtent à d’importantes difficultés, notamment le manque de matériel et l’accès difficile aux zones touchées », appelant à « un soutien international accru et une réponse humanitaire renforcée » pour enrayer une spirale sanitaire qui menace de faire des ravages supplémentaires dans une population déjà décimée.
En Cisjordanie occupée, la répression ne connaît pas de répit. Les forces d’occupation ont mené mardi une vaste campagne d’interpellations dans plusieurs régions, aboutissant à l’arrestation de 19 Palestiniens, selon l’agence de presse palestinienne WAFA. Huit d’entre eux ont été arrêtés à Naplouse, deux autres au nord d’El-Qods occupée, après que leurs domiciles ont été pris d’assaut et perquisitionnés. La campagne s’est étendue à Tulkarem, Broquine, Beït Lahm et jusqu’à la ville d’Amar, au nord d’El-Khalil, où cinq Palestiniens ont été interpellés, dont un enfant. Ces arrestations s’inscrivent dans la continuité des pratiques répressives quotidiennes des forces d’occupation, accompagnées de perquisitions nocturnes et d’une politique de colonisation agressive qui voit les colons s’accaparer terres et biens palestiniens en toute impunité, en violation flagrante du droit international.
C’est contre cette réalité — l’occupation, le blocus, les épidémies, les arrestations et la complicité économique des institutions européennes — que se dresse désormais la voix d’un million de citoyens européens. Leur pétition n’est pas seulement un acte symbolique : elle constitue un instrument juridique contraignant qui place la Commission européenne devant ses propres engagements en matière de droits humains.
L.S.

