332 moissonneuses-batteuses déployées pour la campagne céréalière 2025-2026 : AgroDrive met le paquet
La filiale de mécanisation du groupe public Agrodiv entre dans la saison des moissons avec des moyens inédits : 332 moissonneuses-batteuses déployées dans les wilayas du Sud, 765 camions de transport affectés aux centres de collecte, et des équipes techniques mobiles quadrillant le terrain. La campagne moisson-battage 2025-2026 est lancée, et l’État entend ne laisser aucune récolte au hasard. Le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche a détaillé lundi le dispositif mis en place par la société AgroDrive, en application, précise-t-il, des orientations du président de la République Abdelmadjid Tebboune «visant à mettre le matériel nécessaire à la disposition des agriculteurs». L’ampleur du déploiement témoigne d’une volonté de rupture avec les campagnes précédentes, marquées par des déficits récurrents en matériel fonctionnel et des pertes de rendement évitables. Le communiqué du ministère souligne que la mobilisation des moissonneuses-batteuses publiques est «appuyée par les moyens du secteur privé», une formulation qui signale la complémentarité désormais assumée entre les deux sphères. Les 765 camions dédiés au transport des récoltes vers les centres de collecte constituent, eux, le maillon logistique souvent négligé dans les bilans de campagne, mais décisif pour éviter les pertes post-récolte. Cette initiative, note la même source, «a suscité une large satisfaction chez les professionnels». Au-delà du matériel roulant, c’est la maintenance qui constitue la véritable innovation opérationnelle de cette saison. AgroDrive a déployé des équipes techniques mobiles «pour des interventions sur le terrain afin d’assurer l’entretien du matériel et de garantir la continuité du travail sans interruption tout au long de la campagne de récolte». Le problème est connu : une moissonneuse en panne au pic de la récolte, c’est plusieurs hectares perdus. La réponse mobile vise précisément à court-circuiter ce risque.
Le renforcement du parc national de matériel agricole procède également d’une logique d’investissement structurel. AgroDrive a récemment réceptionné 331 moissonneuses-batteuses supplémentaires et 1.800 tracteurs, soit une injection massive dans un parc longtemps vieillissant. Le ministère inscrit cet effort dans la dynamique impulsée par la création du Conseil national de la mécanisation agricole, qui aura notamment pour mission «de garantir la maintenance des équipements et la disponibilité des pièces de rechange», un point névralgique dans un secteur où la dépendance aux importations de pièces a souvent paralysé les équipements au pire moment.
La dimension formation, introduite pour la première fois à cette échelle, mérite une attention particulière. Le ministère a organisé, en coordination avec le secteur de la Formation et de l’Enseignement professionnels, des sessions spécialisées «sur les bonnes pratiques de conduite et d’entretien des moissonneuses, au profit des chargés de la mécanisation au niveau des entreprises des secteurs public et privé». Ces sessions ont concerné les conducteurs d’engins, les agents de maintenance des Coopératives de céréales et de légumes secs (CCLS), et ont «connu une grande affluence». L’objectif affiché est double : «une maîtrise optimale des opérations de récolte et la réduction des pertes de rendement». La filière céréalière reste la priorité affichée de ce plan de mécanisation. L’Algérie importe annuellement des centaines de milliers de tonnes de blé, et toute progression des rendements nationaux — même marginale — représente un allégement sensible de la facture des importations.
Sabrina Aziouez

