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Championnats d’Afrique de gymnastique artistique : L’Algérie règne sur le continent, Nemour écrase tout

Seize médailles. Six en or, six en argent, quatre en bronze. Le bilan que la sélection algérienne de gymnastique artistique ramène de Yaoundé, où s’est achevée dimanche la 19e édition des Championnats d’Afrique, n’est pas celui d’une équipe en progression — c’est celui d’une puissance installée.

Portée par une Kaylia Nemour impériale et une Djena Laroui qui s’est révélée au plus haut niveau continental, l’Algérie a dominé la compétition de bout en bout, devant l’Afrique du Sud et l’Égypte, pour s’affirmer comme la nation de référence de la discipline sur le continent. La capitale camerounaise n’a pas vu une victoire, elle a vu une démonstration. Dès les premières rotations, le ton était donné : les gymnastes algériennes, que leur surnom de « Fées Vertes » ne rend que partiellement justice tant leur niveau dépasse le folklore, ont imposé une rigueur d’exécution et une régularité que leurs adversaires n’ont jamais pu égaler. Le concours général par équipes s’est conclu sans suspense véritable, l’Algérie devançant ses plus proches poursuivantes avec une marge qui en dit long sur l’écart creusé ces dernières saisons. Au cœur de ce triomphe, Kaylia Nemour. La championne olympique de Paris 2024 n’a pas simplement participé aux Championnats d’Afrique — elle les a traversés comme une évidence. Au concours général féminin, elle a compilé 56,498 points pour s’emparer du titre continental, confirmant sans surprise ce que l’on savait déjà : à cette échelle, elle n’a pas vraiment de rivale. Mais c’est dans le détail de sa semaine camerounaise que se lit la plénitude de sa domination. Aux barres asymétriques, sa spécialité, la maîtrise technique a fait la différence. À la poutre, dimanche, elle a décroché l’or avec 14,166 points, sa compatriote Laroui prenant l’argent derrière elle avec 12,233. Aux exercices au sol, en fin de journée, même scénario : Nemour en tête, note de 13,100, titre africain. Cinq médailles d’or sur la semaine. La locomotive de la gymnastique algérienne n’a pas ralenti.

Ce qui est peut-être plus significatif encore, c’est ce qu’a produit Djena Laroui dans son sillage. Fraîchement intégrée à la sélection seniors, la jeune gymnaste n’a pas attendu pour justifier sa présence à ce niveau. Son bilan individuel — cinq médailles, dont deux en or au concours général par équipes et à la table de saut, une médaille d’argent à la poutre et deux bronzes au concours général individuel et aux barres asymétriques — dépasse ce que l’on pouvait raisonnablement attendre d’une première grande compétition africaine. Le duo Nemour-Laroui a à lui seul récolté neuf médailles, dont cinq en or. C’est la profondeur d’un collectif, pas seulement l’éclat d’une individualité.

Car c’est bien là que réside l’évolution la plus intéressante de cette édition camerounaise : l’Algérie n’est plus dépendante d’une seule gymnaste pour gagner. Elle dispose désormais d’un groupe structuré, capable de performer sur l’ensemble des épreuves inscrites au programme, chez les dames comme chez les messieurs. Cette densité est le résultat d’un travail de fond engagé depuis plusieurs années, et elle commence à produire ses effets à tous les niveaux d’âge.

Chez les juniors, la sélection algérienne a terminé à la deuxième place du classement général avec un bilan de quatre médailles, dont une en or décrochée par Melissa Djadi à la table de saut. Les garçons — Djouabi Yacine, Amoura Rayan, Lakehal Ilies Hichem, Bennila Ishak et Hamadouche Mohamed — ont décroché une médaille de bronze par équipes. Les filles — Djadi Melissa, Ifticen Sabrinel, Ifticen Yelena, Benramdane Shanice et Ouail Djana Ritedj — en ont fait autant dans leur catégorie. Ifticen Sabrinel a, quant à elle, ajouté un bronze individuel à la poutre. Ce sont des noms encore peu connus du grand public, mais ils constituent le vivier d’où sortiront les championnes et champions de demain. La passation de témoin ne se fait pas dans la précipitation — elle se prépare. Les Championnats d’Afrique de Yaoundé ne sont pas une fin en soi. Ils sont une étape, et les responsables de la Fédération algérienne le savent. L’objectif désormais inscrit dans le viseur, ce sont les Championnats du monde 2026, où Kaylia Nemour et ses coéquipières seront attendues avec d’autres exigences, face à d’autres adversaires. L’échelon africain est maîtrisé. La prochaine marche sera plus haute. Mais ce que cette semaine camerounaise a montré, c’est qu’une génération entière est en train de se lever derrière la championne olympique — et qu’elle n’a pas l’intention de rester dans son ombre.

M. Dahleb

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