Le président de la République salue, avec fierté, les performances des athlètes : Le sport algérien change d’échelle !
En un seul mois, les athlètes algériens ont décroché 122 médailles lors de compétitions mondiales et continentales. Le président de la République a tenu à exprimer sa fierté dans un message vibrant, témoignant d’un soutien indéfectible à un sport national qui, des tatamis de Nairobi aux barres asymétriques à Yaoundé, ne cesse de réécrire son histoire.
Il y a des moments où les chiffres parlent d’eux-mêmes. « 122 médailles, dont 46 en or, décrochées lors des championnats mondial et africain et d’une compétition internationale en un seul mois, un exploit historique fruit d’efforts colossaux. » Ces mots sont ceux d’Abdelmadjid Tebboune, publiés lundi sur son compte officiel sur les réseaux sociaux. Le président de la République n’a pas seulement félicité ses athlètes, il a posé un constat : le sport algérien a changé d’échelle. « Je suis très fier du niveau atteint par le sport en général en Algérie grâce à la volonté de nos filles et de nos fils qui ont toujours été à la hauteur de notre confiance et le resteront », a-t-il écrit, avant de conclure par un « Vive l’Algérie » qui résonne comme un hommage collectif à une génération d’athlètes hors du commun.
Ce message présidentiel n’est pas tombé dans le vide. Il synthétise plusieurs semaines de performances exceptionnelles qui, alignées les unes aux autres, dessinent le portrait d’une nation sportive en pleine puissance. Du kempo au judo, de la gymnastique artistique à l’athlétisme, l’Algérie aura occupé, en ce printemps 2026, le devant de la scène continentale et mondiale avec une constance qui force le respect.
Le premier des exploits porte un nom devenu familier aux amateurs de sport : Kaylia Nemour. À Yaoundé, aux Championnats d’Afrique de gymnastique artistique, la championne olympique de Paris 2024 a une nouvelle fois dominé ses concurrentes avec une autorité qui ne laisse plus place au doute. Deux nouvelles médailles d’or, à la poutre et au sol, pour fermer un bilan personnel de cinq médailles au total dans cette compétition, dont deux titres continentaux. À Paris, elle avait déjà écrit l’histoire en devenant la première Algérienne — et la première Africaine — à décrocher une médaille olympique en gymnastique, aux barres asymétriques. Dix-huit mois plus tard, elle n’est plus une révélation, elle est une référence. À ses côtés, Djena Laroui confirme que la dynamique est collective : cinq médailles également pour la jeune gymnaste, dont deux en or. L’Algérie a terminé ces Championnats d’Afrique avec seize médailles au total, six en or, six en argent et quatre en bronze, dominant le continent devant l’Afrique du Sud et l’Égypte. Une performance qui illustre la transformation structurelle d’une discipline longtemps considérée comme marginale dans le paysage sportif national.
Les judokas en force
En judo, la démonstration a été encore plus nette. À Nairobi, où se tenaient les Championnats d’Afrique seniors 2026, la sélection algérienne est revenue avec quatre titres continentaux et neuf médailles au total. Kaïs Moudetere, Driss Messaoud, Yasmine Djellab et Mohamed El Mehdi Lili ont triomphé chacun dans leur catégorie, imposant à la Tunisie et à l’Égypte, respectivement deuxième et troisième, une supériorité sans discussion. La cerise sur le gâteau : les titres par équipes, chez les hommes comme chez les femmes, un doublé inédit qui consacre la profondeur d’un groupe dont les dix-huit membres avaient tous fait le déplacement au Kenya. La compétition avait réuni 251 judokas de 34 nations africaines. L’Algérie en est repartie en domination.
Le kempo, discipline moins connue du grand public, a livré le chiffre le plus saisissant. Lors du 22e Championnat du monde organisé à Antalya, en Turquie, du 20 au 26 avril 2026, l’équipe nationale algérienne a engrangé au moins 37 médailles en deux jours de compétition, dont 15 en or. Des noms comme Ikram Selmi, Mohamed Abderrahmane Maïdi, Jaafar Chérif Yamna ou encore Boudouma Fatma ont porté haut les couleurs algériennes dans des épreuves individuelles et par équipes. Un palmarès de championnat du monde, décroché au terme d’une semaine qui confirme la place de l’Algérie parmi les toutes premières nations mondiales de ce sport de combat.
Ces exploits récents s’inscrivent dans une trajectoire longue, jalonnée de moments fondateurs. L’athlétisme algérien compte dix médailles olympiques à son palmarès, la boxe sept. Hassiba Boulmerka, première femme arabe et africaine championne olympique du 1 500 mètres à Barcelone en 1992, avait tracé une voie. Noureddine Morceli, sacré à Atlanta en 1996 sur le même tour de piste, l’avait élargie. À Paris 2024, l’Algérie a bouclé sa participation avec trois médailles, deux en or et une en bronze, égalant sa meilleure performance historique réalisée lors de ces mêmes Jeux d’Atlanta. Imane Khelif, devenue la première boxeuse algérienne à remporter l’or olympique dans la catégorie des moins de 66 kg, et Djamel Sedjati, médaillé de bronze sur 800 mètres, ont accompagné Nemour sur ce podium symbolique. Au classement général des nations, l’Algérie a terminé à la 39e place, deuxième nation africaine derrière le Kenya.
Une politique sportive volontariste
Le football, discipline qui transcende le simple cadre sportif dans ce pays, accompagne cette montée en puissance. La sélection algérienne est classée au 34e rang mondial et au 3e rang africain selon la FIFA. Elle détient par ailleurs le record africain d’invincibilité avec 35 matchs sans défaite, dont 27 victoires et 8 nuls, entre novembre 2018 et janvier 2022. En qualifications pour le Mondial 2026, les Fennecs ont affiché des arguments solides : une victoire 7-0 face au Guatemala en mars dernier, et un bilan de qualification en bonne voie, porté par une génération de joueurs évoluant dans les meilleurs championnats européens.
Ce tableau d’ensemble ne s’est pas dessiné par hasard. Derrière les médailles, il y a une politique sportive volontariste, incarnée par l’engagement répété du président Tebboune en faveur du sport de haut niveau. Ses félicitations de lundi ne sont pas un acte isolé ; elles participent d’une relation de confiance entretenue au fil des cycles de compétition, entre un chef d’État qui a fait du sport un marqueur de la fierté nationale et des athlètes qui, saison après saison, lui donnent raison. La formule présidentielle — « ils ont toujours été à la hauteur de notre confiance et le resteront » — sonne à la fois comme une reconnaissance et comme une ambition.
Car les chantiers à venir sont à la mesure des ambitions affichées. Les Championnats du monde de gymnastique 2026 figurent déjà dans le viseur de Kaylia Nemour et de ses coéquipières. Los Angeles 2028 se profile à l’horizon pour une génération de jeunes athlètes algériens qui ont vu, à Paris, que le podium olympique n’était pas une chimère. Et le Mondial de football 2026, dont l’Algérie ambitionne de retrouver la scène après une longue absence, pourrait constituer le couronnement collectif d’un mouvement sportif national en pleine renaissance. 122 médailles en un mois. L’exploit historique, comme dit le président, est bien réel. L’Algérie sportive, elle, n’a visiblement pas fini d’écrire son histoire.
Moncef Dahleb

