Championnat d’Afrique de natation : Oran accueille la plus grande édition de l’histoire
Plus de 450 nageurs, 40 pays représentés, quatre compétitions simultanées : le Championnat d’Afrique de natation qui ouvre ses portes mardi au complexe olympique Miloud Hadefi d’Oran écrit d’emblée une page inédite dans l’histoire de la natation continentale. Et ce n’est pas le président de la Confédération africaine Africa Aquatics qui dira le contraire — il a lui-même qualifié cette édition de « record majeur jamais atteint ».
Mohamed Diop ne pesait pas ses mots à la légère, lundi, lors de la conférence de presse qui a précédé le coup d’envoi du tournoi africain. Devant les journalistes réunis au complexe Miloud Hadefi, le responsable africain a posé les chiffres sur la table sans détour : « Nous n’avons jamais enregistré un tel niveau de participation dans aucune compétition africaine. » La formule est absolue, et elle dit tout. En réunissant plus de 450 nageurs venus de plus de quarante nations du continent, cette 17e édition dépasse tout ce que l’histoire du championnat avait produit jusqu’ici, qu’il s’agisse du nombre de participants ou de la diversité des délégations présentes.
La comparaison avec 2018 en dit long sur le chemin parcouru. Oran avait déjà accueilli le Championnat d’Afrique il y a huit ans, et l’édition avait été jugée réussie. Mohamed Diop s’en souvient bien : « En 2018, l’Algérie avait déjà accueilli le Championnat d’Afrique et nous pensions alors avoir atteint un très haut niveau. » Mais 2026 a visiblement changé l’échelle de référence. « Aujourd’hui, nous avons dépassé toutes nos attentes grâce au soutien de l’ensemble des institutions », a-t-il ajouté, avant de remercier explicitement les autorités algériennes pour leur implication. Les infrastructures du complexe Miloud Hadefi ont été saluées comme étant « de niveau mondial » — une appréciation qui, dans la bouche du président d’une confédération continentale, vaut certification.
Ce qui rend cette édition structurellement différente des précédentes, c’est son format inédit. Pour la première fois dans l’histoire de la natation africaine, quatre compétitions continentales se tiennent au même endroit, au même moment : les championnats juniors, seniors et masters, auxquels s’ajoute une nouvelle épreuve inter-zones dont c’est la première apparition dans le calendrier continental. Nacereddine Zahafi, président de la Fédération algérienne des sports nautiques, a insisté sur ce caractère historique de cette édition : « Pour la première fois dans l’histoire de la natation africaine, quatre compétitions continentales seront organisées simultanément. » Ce format multidisciplinaire transforme Oran en véritable capitale africaine de la natation pour six jours — du 5 au 10 mai.
L’enjeu sportif dépasse les frontières du continent. Le championnat est qualificatif pour les prochains championnats du monde, et toutes les performances réalisées dans le bassin du complexe Miloud Hadefi seront officiellement homologuées. Pour des dizaines de nageurs africains, Oran représente donc bien plus qu’une vitrine régionale : c’est une rampe de lancement vers l’élite mondiale. La pression est réelle, et le niveau attendu en conséquence.
La 17e édition devait initialement se tenir au Ghana. Le pays a renoncé à quelques semaines seulement du début de la compétition, laissant Africa Aquatics dans une situation délicate. C’est vers l’Algérie que la confédération s’est tournée pour reprendre le flambeau, dans des délais que Nacereddine Zahafi a qualifié de « particulièrement contraints ». Le président de la fédération algérienne n’a pas caché la difficulté de l’exercice, mais a tenu à souligner que le résultat était au rendez-vous : « Tout a été mis en place grâce aux efforts conjoints des cadres de la fédération et des différents intervenants. » En clair, l’Algérie a relevé le défi en un temps record — et sans accroc visible.
Cette capacité à absorber un retrait de dernière minute et à livrer une organisation saluée par l’instance continentale elle-même confirme le statut qu’Oran s’est progressivement construit ces dernières années en matière d’accueil d’événements sportifs de grande envergure. La ville avait déjà démontré ses capacités lors des Jeux méditerranéens de 2022. Elle remet le couvert, cette fois dans les eaux du sport nautique africain.
Pendant six jours, le complexe Miloud Hadefi sera le théâtre de duels, de records et, pour certains, de qualifications mondiales. Le cadre est posé, les chiffres sont historiques. Le reste appartient au sport.
Moncef Dahleb

