Monde

Ghaza : L’horreur du génocide se poursuit

Ghaza continue de mourir : d’un côté, les chiffres implacables d’un désastre humanitaire que rien ne semble pouvoir arrêter ; de l’autre, la résistance tenace d’une société civile internationale qui refuse de détourner le regard. Le Croissant-Rouge palestinien a annoncé dimanche l’évacuation de 152 personnes — malades, blessés et leurs accompagnateurs — par le poste frontalier de Rafah, en coordination avec l’Organisation mondiale de la santé. Ses ambulances ont assuré le transfert des bénéficiaires depuis l’hôpital de rééducation de Khan Younès, où les équipes les avaient préalablement regroupés pour finaliser les procédures nécessaires, avant de les acheminer vers le point de passage. Derrière ce communiqué laconique se cache une réalité que les chiffres peinent à traduire : pour chaque malade évacué, des dizaines d’autres attendent, dans un système de santé à l’agonie, que leur tour vienne — si tant est qu’il vienne.

Car l’état de Ghaza n’est plus simplement celui d’un territoire en guerre. C’est celui d’un espace humain méthodiquement démembré depuis le 7 octobre 2023. Le bilan communiqué ce même dimanche par les autorités sanitaires palestiniennes fait état de 72 610 martyrs et de 172 448 blessés, en majorité des femmes et des enfants. Au cours des seules dernières 24 heures, deux corps supplémentaires ont été acheminés vers les hôpitaux, ainsi que trois blessés. Mais ces chiffres restent nécessairement incomplets : de nombreuses victimes demeurent encore sous les décombres. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 19 janvier dernier, 830 Palestiniens ont néanmoins été tués et 2 345 autres blessés — démontrant, si besoin était, que le cessez-le-feu n’a pas mis fin aux violences.

Dans ce contexte d’effondrement généralisé, le ministère palestinien du Développement social a publié dimanche un chiffre qui résume à lui seul l’ampleur de la destruction : 64 616 enfants ont été rendus orphelins par plus de deux ans d’offensive israélienne sur l’enclave. La plupart ont perdu un parent, parfois les deux, depuis le début des opérations militaires. Mais la mort des parents n’est que le début de leur calvaire. Ces enfants font face au déplacement forcé, à la perte de leur logement, à l’interruption des soins et de l’école, à la famine et à la pénurie de médicaments, dans un territoire dont les infrastructures se sont quasi totalement effondrées. « La destruction des foyers de l’enfance a entraîné la dispersion des orphelins entre des centres d’accueil temporaires et des abris manquant des conditions de stabilité les plus élémentaires », a déclaré la porte-parole du ministère, Aziza al-Kahlout, soulignant que les restrictions imposées aux points de passage entravent en outre l’acheminement de l’aide humanitaire. De son côté, le directeur général de l’association Al-Baraka, Raafat Janina, a lancé un appel urgent à la communauté internationale pour garantir des allocations mensuelles, réhabiliter les institutions scolaires et mettre en place des programmes de soutien psychologique destinés à aider ces enfants à surmonter leurs traumatismes. À des milliers de kilomètres de là, à Bruxelles, la société civile belge prépare une réponse. Plusieurs organisations, dont la branche belge d’Amnesty International, ont annoncé ce dimanche l’organisation d’une nouvelle marche nationale de solidarité avec la Palestine, prévue le 17 mai dans la capitale européenne. Le rassemblement est fixé en début d’après-midi devant la Tour Luminus ; le cortège se dirigera ensuite vers la place Jean Rey. Amnesty International a appelé les Bruxellois à rejoindre sa délégation pour « porter la voix des droits humains », rappelant que ce qui se passe à Gaza « s’inscrit dans la longue histoire de dépossession commencée avec la Nakba de 1948 ». L’organisation est sans ambiguïté dans son diagnostic : « Ce n’est pas un chapitre clos, mais un processus en cours de colonisation, d’apartheid et de déni des droits fondamentaux. » Face à l’impunité dont bénéficie l’entité sioniste, elle exige de la Belgique et de l’Union européenne des mesures concrètes : suspension immédiate de l’accord d’association UE-Israël, embargo militaire total, interdiction du commerce avec les colonies illégales, libération des prisonniers palestiniens détenus arbitrairement et dénonciation du projet de loi israélien sur la peine de mort. Ces marches rassemblent régulièrement des milliers de personnes et près d’une centaine d’associations, syndicats et ONG, maintenant ainsi une pression constante sur les gouvernements européens.

L.S.

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *