Championnats d’Afrique de natation : L’Algérie démarre fort et vise le podium
Cinq médailles dès la première journée, dont un or signé Djaouad Syoud sur 200 mètres papillon. L’Algérie a lancé sa compétition sur une bonne note mardi au centre nautique du complexe Miloud-Hadefi d’Oran, où se déroulent jusqu’au 10 mai les Championnats d’Afrique de natation. Mais le directeur technique national tempère les enthousiasmes : la route vers le podium général reste semée d’embûches.
Hamlaoui Mokadem ne fait pas dans la langue de bois. Interrogé par l’APS, le DTN a résumé la situation sans détour : « Nos nageurs et nageuses font face à un véritable défi à Oran, où ils se mesurent à des athlètes de très haut niveau. Il faut être lucide : la mission ne sera pas facile et la concurrence sera rude dans la course aux médailles. » L’Afrique du Sud et l’Égypte, présentes en force, illustrent parfaitement ce qu’il veut dire. Dès la première journée, les Sud-Africains ont raflé sept titres, les Égyptiens quatre. L’Algérie, elle, en a décroché un. Mais ce titre compte. Syoud a bouclé le 200 mètres papillon en 1:00.07, devançant son compatriote Fares Benzidoune, médaillé d’argent en 1:02.47. Un doublé algérien dans une finale internationale, c’est rare et significatif. À ces deux médailles s’en ajoutent trois autres : l’argent du relais 4×100 mètres nage libre seniors, le bronze de Mohamed Sameur sur 800 mètres nage libre, et celui du relais mixte juniors 4×100 mètres nage libre. Cinq médailles en une journée, sur 14 finales disputées : le bilan est honnête, sans être dominateur.
Mokadem assure néanmoins que ses nageurs « sont pleinement conscients des enjeux et déterminés à atteindre les objectifs fixés ». Ces objectifs ont un double visage : les podiums continentaux d’un côté, les minima de qualification pour les Championnats du monde 2026 à Budapest de l’autre. Les deux ne s’excluent pas, mais ils requièrent des niveaux de performance que tous les membres du groupe ne sont pas encore en mesure d’atteindre.
Car la délégation algérienne est en reconstruction. Le retrait d’Oussama Sahnoune et de Rania Nefsi, ainsi que la non-convocation d’Amel Melih, ont modifié le visage de l’équipe. Les 50 nageurs engagés — 25 juniors, 25 seniors — reflètent une logique assumée de renouvellement. La fédération construit pour demain autant qu’elle concourt aujourd’hui. Les Jeux méditerranéens, les Jeux olympiques de la jeunesse et les Jeux olympiques sont dans le viseur à moyen terme. Dans ce contexte de transition, les noms qui portent les ambitions algériennes sont connus : Syoud et Hamour Abdelkrim chez les messieurs, Lilia Sihem Midouni et Nesrine Medjahed chez les dames. La première journée a confirmé que Syoud, au moins, est dans la forme du moment.
L’édition elle-même est inédite dans son format. Pour la première fois, quatre compétitions coexistent sur le même site : le championnat seniors, le championnat juniors, les masters et une épreuve interzones. Environ 450 nageurs de 40 pays sont réunis à Oran pour une semaine qui, malgré les hiérarchies connues, laisse encore de la place à la surprise.
M. Dahleb

