Arts plastiques : 42 artistes à la rencontre nationale Aïcha Haddad
Pas moins de 42 artistes venus de toutes les régions du pays ont convergé ce samedi vers Bordj Bou Arréridj pour la 5e édition de la rencontre nationale Aïcha Haddad des arts plastiques. La manifestation, qui se tient jusqu’au 11 mai au Complexe culturel Aïcha Haddad du chef-lieu de wilaya, réunit peintres, sculpteurs, plasticiens issus des écoles des beaux-arts et des musées nationaux, dans un programme mêlant exposition, ateliers de création et sorties patrimoniales. L’événement s’inscrit dans le cadre du Mois du patrimoine, qui se tient chaque année du 18 avril au 18 mai, et a été placé cette année sous le signe du souvenir des massacres du 8 mai 1945. Aboubaker El Messili, directeur du Complexe culturel Aïcha Haddad qui accueille la manifestation, a rappelé que le rendez-vous est organisé par la direction de la Culture et des Arts de la wilaya, sous tutelle du ministère, en partenariat avec les autorités locales. Il vise, selon lui, à « valoriser le patrimoine national et faire connaître l’héritage culturel local, tout en offrant un espace d’échange d’expériences entre artistes et créateurs algériens ».
La soirée d’ouverture a donné le ton. Une pièce de théâtre révolutionnaire intitulée El Gaïd, produite par le complexe culturel en collaboration avec l’association culturelle Numidia, a lancé les festivités avant que des ateliers artistiques ne prennent le relais. Dans les jours à venir, les participants réaliseront collectivement une fresque murale en hommage aux martyrs du 8 mai 1945, avant de partir en excursion vers deux sites historiques de la région : le monument archéologique Bordj El Mokrani et la vieille bourgade de Koléa, dans la commune de Tassameurt, pour s’imprégner des traditions et du patrimoine immatériel local.
Parmi les délégations présentes, celle de l’École régionale des beaux-arts de Tipaza a particulièrement retenu l’attention. Son directeur, le plasticien Salim Rekkah, a salué le choix d’associer les établissements de formation artistique à ce type de rendez-vous. « Le pavillon de l’école regroupe des œuvres très variées, de la peinture à l’huile aux miniatures, en passant par la décoration, la sculpture et le design d’intérieur », a-t-il précisé, se félicitant que ces institutions soient traitées comme des acteurs culturels à part entière et non comme de simples exposants.
L’autre temps fort de cette édition est venu du Musée public national Nasreddine Dinet de Bousaâda. Le stand consacré à ce peintre orientaliste du début du XXe siècle — né Alphonse-Étienne Dinet en France, converti à l’islam et naturalisé algérien sous le nom de Nasreddine — a choisi de bousculer les codes. Les œuvres du maître y sont présentées non pas sous forme de reproductions encadrées, mais à travers des vidéos interactives générées par intelligence artificielle, qui animent les toiles et leur donnent une vie nouvelle. L’initiative s’inscrit dans un projet plus large de numérisation du patrimoine artistique algérien pour le rendre accessible aux jeunes générations dans des formats qui leur parlent.
R.C.

