12e édition du Festival international du Sama’ soufi : 21 pays réunis autour du chant mystique
Du 13 au 18 mai, la wilaya de Laghouat devient le carrefour mondial du soufisme musical. La 12e édition du Festival culturel international du Sama’ soufi s’y tient avec la participation de 21 pays, dont l’Égypte en invitée d’honneur, sous le patronage de la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda.
C’est Ahmed Ben Seghir, commissaire du festival, qui a annoncé samedi à l’APS les contours d’une édition qu’il décrit comme particulièrement dense. La manifestation portera le nom du cheikh et martyr Sidi Moussa Ben Lahcène El-Demiati Echadheli, et se déroulera sous le slogan : « Le Sama’ soufi : mélodies du goût et de la connaissance, sens de l’élévation et de la foi. » La liste des participants dit quelque chose sur le rayonnement pris par ce rendez-vous depuis ses débuts : la Libye, le Sahara occidental, le Nigeria, l’Ouzbékistan, la Palestine, le Kazakhstan, la Turquie, la Russie, la Bosnie-Herzégovine et le Canada figurent parmi les délégations attendues. Mais ce sont les nouvelles venues qui retiennent l’attention. L’Albanie, l’Italie, l’Espagne et l’Estonie participent pour la première fois, signe d’une curiosité croissante pour cette tradition musicale spirituelle que l’on a longtemps cantonnée aux seuls pays à majorité musulmane.
Du côté algérien, plusieurs wilayas enverront leurs propres troupes : Béchar, Djelfa, Tizi Ouzou, Sidi Bel Abbès, Annaba et Alger. Le programme distribue les activités sur plusieurs espaces de la wilaya. La maison de la culture « Tekhei Abdelah ben Kriou » accueillera les spectacles de démonstration, tandis que le théâtre régional « El-Moudjahid Belkacem Fantazi » abritera les soirées artistiques et le salon de l’artisanat. Les colloques intellectuels se tiendront au Centre de recherche en sciences islamiques et en civilisation de Laghouat, et les ateliers de formation au sein de l’Institut régional de formation musicale.
Le programme prévoit sept représentations artistiques internationales et six nationales, auxquelles s’ajoutent des soirées de proximité dans les villes d’Aflou et de Ghardaïa. Plus de 45 chercheurs et universitaires, algériens et étrangers, sont attendus pour les colloques. Des ateliers de formation sont également prévus à destination des jeunes troupes de Sama’, une façon de transmettre un art qui ne survit que par la pratique et la transmission orale.
La dimension patrimoniale du festival ne s’arrête pas aux planches. Des circuits touristiques vers Aïn Madhi et les ksour du Mzab sont prévus, offrant aux délégations étrangères un prolongement de l’immersion dans les terroirs de la spiritualité algérienne. À cela s’ajoute un salon international des arts et de l’artisanat traditionnel, qui donnera aux artisans locaux une visibilité rare. Placé sous la supervision du wali de Laghouat, Mohamed Benmalek, ce festival aura duré douze ans à construire sa réputation. Il reste l’un des rares espaces où la musique spirituelle est abordée à la fois comme art vivant, objet de recherche et lien entre des cultures que peu d’autres forums réunissent.
Mohand S.

