Culture

Visite de Malika Bendouda à Laghouat : Sortir la culture des grandes métropoles

La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, était à Laghouat jeudi pour une journée de travail dense : visites de terrain, signatures, inaugurations, et en soirée, coup d’envoi de la douzième édition du Festival international du Samâa soufi. Une séquence qui illustre la politique du ministère, laquelle mise de plus en plus sur les régions pour faire exister la vie culturelle au-delà des grandes métropoles. La matinée a commencé par la salle de cinéma Mezzi, en plein centre-ville. L’établissement, fermé depuis des années, attend sa réouverture. La ministre a inspecté l’état technique des lieux, avant de remettre une licence d’exploitation commerciale à un opérateur privé. La démarche est inédite dans sa forme : le privé prend en charge la salle, sur la base d’un cahier des charges, tandis que l’État conserve un droit de regard. Le ministère présente l’opération comme une formule pilote, destinée à être reproduite à l’échelle nationale pour étoffer un parc de salles qui s’est considérablement réduit depuis les années 1990.

Au palais de Tazgararine, Bendouda a présidé l’inauguration du centre interprétatif du Parc de l’Atlas saharien. Le site abrite des collections géologiques et archéologiques qui couvrent plusieurs millénaires d’histoire de la région. Dans la foulée, et en coordination avec le wali Mohamed Ben Malek, il a été décidé d’affecter le jardin botanique attenant au parc au secteur de la culture, en vue d’y implanter un musée dédié aux fossiles et aux découvertes archéologiques locales. Une manière de fixer sur place un patrimoine qui risquait de rester sans cadre institutionnel.

La tournée s’est poursuivie à l’Institut de musique, où la ministre a inspecté les espaces pédagogiques et, surtout, la résidence étudiante. Elle a demandé que les travaux de réhabilitation soient achevés avant la rentrée universitaire prochaine, pour que les jeunes artistes puissent y étudier dans de bonnes conditions. Elle a ensuite visité le chantier de rénovation de la maison de la culture Abdellah Ben Kerriou, dont la remise à niveau doit permettre d’accueillir des événements d’envergure.

À la bibliothèque principale de lecture publique Cheikh Bachir El Ibrahimi, la ministre a supervisé la remise d’un fonds de livres. Le geste est classique, mais il reste utile dans des régions où les dotations arrivent avec parcimonie. Dans un autre registre, Bendouda a annoncé la nomination du comédien Haroun El Kilani au poste de directeur artistique du Théâtre régional de Laghouat, pari affiché sur les compétences locales pour redonner du souffle à la scène de la wilaya.

La journée s’est achevée par une cérémonie de distinction. Huit figures de la culture locale ont été honorées : Hadj Brahim Khalili, Mohamed Chettih, Fatima Mai Ghoul, Kerbouze Haroun El Kilani, Sidi Ahmed Bouazza, Fatima Fal El Amaria, Ben Sayeh Ahmed et Tarek Saghir. Des noms peu connus en dehors de la région, mais dont les trajectoires témoignent d’un travail de création souvent discret, loin des projecteurs de la capitale.

En soirée, la ministre a donné le coup d’envoi de la douzième édition du Festival international du Samâa soufi, rendez-vous qui confirme Laghouat dans son rôle de pôle de la spiritualité musicale en Algérie.

Mohand S.

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *