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Benbot de retour, Chaïbi impatient : Les Verts affichent de l’ambition

Ils sont là, ils s’entraînent, et ils parlent. À la veille de la conférence de presse de Vladimir Petkovic au stade Nelson-Mandela de Baraki, où le sélectionneur national annoncera dimanche à 15h00 sa liste définitive des 26 joueurs pour la Coupe du monde 2026, deux voix se sont distinguées depuis le Centre technique national de Sidi Moussa : celle d’Oussama Benbot, gardien de l’USM Alger qui a officialisé son retour en sélection après une retraite internationale avortée, et celle de Farès Chaïbi, milieu offensif de l’Eintracht Francfort, qui n’a pas caché son impatience à l’idée d’affronter l’Argentine de Lionel Messi dès le premier match du groupe J.

Commençons par Benbot. L’histoire méritait d’être racontée correctement. Après la CAN 2025, le portier de 31 ans avait annoncé mettre un terme à sa carrière internationale. Un geste fort, peut-être précipité. Les semaines suivantes lui ont donné raison de reconsidérer. «Après la CAN, j’ai pris une décision un peu hâtive concernant ma retraite internationale. J’ai discuté avec le président de la Fédération, que je remercie pour sa compréhension, ainsi qu’avec le sélectionneur national. Aujourd’hui, tout est réglé», a-t-il déclaré dans un entretien accordé au département média de la FAF. Voilà une porte de sortie élégante pour tout le monde. Et un gardien de plus dans la course aux trois places entre les perches — Petkovic avait convoqué cinq portiers en début de stage, signe que ce poste était loin d’être verrouillé.

Sur ce qui attend les Verts avant le coup d’envoi du Mondial le 11 juin, Benbot est clair : les deux matchs amicaux programmés sont une chance, pas une formalité. «Deux matchs amicaux référence nous attendent face aux Pays-Bas et à la Bolivie, afin d’aborder le Mondial dans les meilleures dispositions», a-t-il affirmé. Le 3 juin à Rotterdam contre les Néerlandais, puis le 10 juin à Kansas City face aux Boliviens : deux tests de différente nature, l’un contre une équipe européenne de premier plan, l’autre contre la sélection qui partage avec l’Algérie une partie de la géographie du tournoi. Benbot ajoute en conclusion ce qui ressemble à un engagement personnel autant qu’à une déclaration collective : «Je veux continuer à travailler afin de défendre dignement les couleurs de l’Algérie.»

Du côté de Farès Chaïbi, le ton est différent — moins sobre, plus frontal. Le milieu de Francfort s’est confié il y a quelques jours à AL24 News avec une franchise qui tranche avec les habituels discours de préparation. Sur son attachement au maillot algérien d’abord, il ne laisse aucune ambiguïté : «Dans mon cœur, je savais que c’était l’Algérie et rien d’autre.» Une formule qui prend du relief quand on sait que Chaïbi, né en France, aurait pu opter pour une autre sélection. Il raconte avoir vibré avec les Verts lors du sacre continental de 2019 et du Mondial 2014, alors qu’il était encore à Toulouse. Ce n’est pas une décision administrative, c’est un choix sentimental.

Sur l’épisode douloureux de sa mise à l’écart après la CAN en Côte d’Ivoire, il ne botte pas en touche : «C’était plus une incompréhension entre moi et le coach. On s’est expliqués et tout s’est arrangé.» Puis, sans transition, une conviction sur laquelle il revient souvent : «Dans le football, il n’y a que ça qui paye. Tu peux avoir tout le talent du monde, si tu ne travailles pas, tu ne réussis pas.» C’est le genre de phrase qu’on dit quand on a traversé un moment difficile et qu’on en est sorti autrement.

Pour le reste, Chaïbi ne fait pas semblant de minimiser l’enjeu du premier match. Jouer l’Argentine, tenante du titre, pour le retour historique de l’Algérie sur la scène mondiale après douze ans d’absence : «Je trouve ça magnifique», dit-il simplement. L’objectif collectif est posé sans détour : «On va là-bas pour montrer le meilleur visage possible et rendre fier le peuple algérien.» Sur la logistique compliquée du tournoi, avec des déplacements entre Kansas City, San Francisco et d’autres villes hôtes aux États-Unis, il reconnaît que «ce n’est pas le meilleur planning», mais fait confiance au staff pour gérer la charge physique.

Ce dimanche, Petkovic tranchera.

Moncef D.

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