Le Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi programme un mois de juin ambitieux : Entre enfance, création et mémoire
Ils ont attendu l’été pour sortir le grand jeu. Le Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi a dévoilé jeudi son programme pour le mois de juin 2026, et la liste est longue : spectacles pour enfants, théâtre adulte, ateliers de formation, cérémonies de reconnaissance, ballet, soirée andalouse.
Le coup d’envoi est attendu dès lundi, à l’occasion de la Journée mondiale de l’enfance. Le théâtre a prévu un programme dense à destination des plus jeunes : cinq pièces au total, dont Ana oual Kachaf, Harry, Fari oual Alwane, Taïh fi Chhabaka ou encore Thloujoun, Rajoul ath-Thalj al-Ahmar. Des titres qui sentent bon le conte, le jeu et la couleur, conçus pour des publics jeunes. À cela s’ajoute un atelier baptisé El-Hakouati ассigner Saghir, consacré aux arts de la narration, au jeu scénique et à l’éveil créatif, sous une devise qui ne manque pas d’ambition : « L’enfant créatif d’aujourd’hui est le bâtisseur de demain. »
Mais le TNA ne se limite pas au jeune public. Pour les amateurs de théâtre adulte, trois pièces figurent au programme : Sikritir li Yawm Wahid, le monodrame Hawas Djousika, et Djanazat Ayyoub, mise en scène par Ahmed Rezzak, l’une des productions les plus commentées de ces dernières saisons.
Le 8 juin, à l’occasion de la Journée nationale de l’artiste, la maison organisera une cérémonie de remise de diplômes et de distinction à destination de ses propres techniciens et comédiens. Un geste interne, presque discret, mais qui dit quelque chose sur la volonté de reconnaître ceux qui font vivre l’institution dans l’ombre. La soirée sera complétée par un concert de musique andalouse animé par l’association Ahl El-Fan, et un ballet intitulé Songe d’un soir d’été, clin d’œil assumé au classique shakespearien.
Enfin, le théâtre a désigné sa personnalité du mois : Aïcha Adjouri, dite Kelthoum, actrice disparue dont la carrière reste l’une des plus singulières de l’histoire du cinéma et du théâtre algériens. Le grand public la connaît surtout pour son rôle de mère dans Vent des Aurès de Mohamed Lakhdar-Hamina, film révolutionnaire qui l’a rendue immortelle. Mais Kelthoum, c’est aussi plus de 70 pièces de théâtre, plus de 20 films et, fait souvent oublié, le titre de première femme arabe à fouler le tapis rouge du Festival de Cannes, en 1967. Rendre hommage à cette trajectoire en juin, c’est rappeler que le théâtre algérien a une histoire qui mérite d’être racontée autrement qu’en archives.
Mohand Seghir

