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Visite du Chef de l’État-major de l’ANP à Oman : Alger ancre son partenariat militaire avec Mascate

Le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire est arrivé dimanche à Mascate pour une visite officielle au Sultanat d’Oman, première du genre dans ce pays, qui traduit sur le terrain militaire la dynamique diplomatique engagée au sommet entre Alger et le sultanat depuis l’automne 2024.

C’est à la base aérienne de Seeb, aux portes de la capitale omanaise, que le Général d’Armée Saïd Chanegriha a posé pied ce dimanche. À sa descente d’avion, il a été accueilli par le Vice-Amiral Abdullah bin Khamis bin Abdullah Al-Raisi, chef d’état-major des Forces armées du Sultan d’Oman, et par l’ambassadeur d’Algérie Ali Boughazi. Les premières discussions n’ont pas attendu. Selon le communiqué du ministère de la Défense nationale, Chanegriha et son homologue omanais ont tenu des entretiens dès la salle d’honneur de la base, «en présence de l’ambassadeur d’Algérie, des membres de la délégation algérienne, de leurs homologues omanais ainsi que des fonctionnaires de l’Ambassade d’Algérie au Sultanat d’Oman». Le reste du programme sera consacré, selon le MDN, aux «voies et moyens du renforcement de la coopération militaire bilatérale».

La visite s’inscrit dans une séquence diplomatique dense. Le 28 octobre 2024, le président de la République Abdelmadjid Tebboune avait effectué à Mascate une visite d’État de trois jours, en réponse à l’invitation de Sa Majesté le Sultan Haitham ben Tarek. Elle a été marquée par la signature de huit mémorandums d’entente entre les deux pays, couvrant des domaines aussi variés que les hydrocarbures, les énergies renouvelables, l’agriculture saharienne et l’industrie pharmaceutique. En réponse, le Sultan Haitham ben Tariq avait effectué une visite d’État à Alger du 4 au 6 mai 2025, renforçant davantage les relations. C’était la première visite du genre effectuée par un souverain omanais depuis près de 52 ans. La venue de Chanegriha à Mascate marque une troisième séquence : elle décline dans le domaine militaire ce que les deux chefs d’État ont tracé au niveau politique.

Les relations algéro-omanaises ont des racines plus anciennes. Les deux pays ont établi leurs liens diplomatiques dès 1973, et la création d’un comité mixte en 1991 a fourni un cadre de concertation régulière. Mais c’est la période récente qui a changé de registre. Le communiqué conjoint ayant sanctionné la visite du Sultan à Alger soulignait que les relations bilatérales «se sont renforcées depuis la visite d’État du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, à Mascate, du 28 au 30 octobre 2024, et la tenue de la 8e session de la Commission mixte à Alger, les 11 et 12 juin 2024». Une convergence de positions sur les questions arabes et régionales, notamment la cause palestinienne, cimente ce rapprochement.

Sur le plan militaire, la visite de Chanegriha à Oman s’inscrit dans un mouvement plus large de diversification des partenariats de l’ANP avec les pays du Golfe. En novembre 2024, le général d’armée s’était rendu à Koweït City sur invitation de son homologue koweïtien. La visite visait «le renforcement de la coopération entre l’Armée nationale populaire et l’Armée koweitienne», et les deux parties y ont «examiné les questions d’intérêt commun». Quelques mois plus tôt, en février 2024, il représentait le président Tebboune au Salon mondial de la défense de Riyad, occasion d’un entretien avec le ministre saoudien de la Défense, le Prince Khalid bin Salman. Cette audience avait été «consacrée à l’évaluation de l’état de la coopération bilatérale militaire entre l’Algérie et le Royaume d’Arabie saoudite». Cette géographie des visites dit quelque chose sur la stratégie d’Alger : maintenir et élargir ses partenariats sécuritaires dans la région sans en épouser toutes les alliances.

Oman occupe dans ce tableau une place particulière. Le sultanat, qui borde le détroit d’Ormuz et les routes maritimes entre l’Afrique de l’Est et l’Asie, pratique une diplomatie de sobriété et de non-alignement et s’est illustré récemment par sa médiation dans le dossier du nucléaire iranien. Dans un monde multipolaire marqué par une multiplication des tensions, l’Algérie et Oman se distinguent par une diplomatie sobre, autonome et respectueuse du droit international. Cette proximité de vision est l’un des ressorts discrets du rapprochement en cours. La visite du Général d’Armée Chanegriha à Mascate traduit, dans le registre militaire, une relation qui a changé de dimension ces 18 derniers mois.

Hocine Fadheli

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