L’entité sioniste bombarde un hôpital et menace Beyrouth : Le scenario de Ghaza se reproduit au Liban !
Un hôpital en flammes à Sour, quatre martyrs, 127 blessés dont des infirmières arrachées à leurs patients par des éclats de missiles. Le cessez-le-feu du 17 avril n’était qu’un mensonge. L’armée d’occupation sioniste l’a dit clairement lundi, non par des mots, mais par ses bombes : elle ne s’arrêtera pas.
Le ministère libanais de la Santé a confirmé mardi matin ce que les équipes de secours avaient vécu toute la nuit : les frappes de l’entité sioniste ont gravement endommagé l’hôpital Jabal Amel, le plus grand établissement de Sour, ville portuaire du Sud-Liban que le monde connaît sous le nom de Tyr. Quatre médecins, 27 infirmiers et huit membres du personnel comptent parmi les 127 blessés. Quatre d’entre eux se trouvent en soins intensifs dans un état critique. Quatre personnes sont tombées en martyres. Ce n’est pas une bavure. Les hôpitaux ne se bombardent pas par erreur deux fois par semaine.
Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU l’a documenté avec une précision qui glace : depuis l’annonce du cessez-le-feu, 36 attaques ont visé du personnel de santé au Liban. 27 martyrs. 80 blessés. Entre le 25 et le 29 mai seulement, trois nouvelles attaques contre des services médicaux. L’entité sioniste frappe les hôpitaux parce qu’elle sait que c’est là que les familles trouvent refuge, que la vie tient encore debout. Les détruire, c’est détruire l’espoir avant de détruire les corps.
Pendant ce temps, à quelques kilomètres au nord, l’armée d’occupation sioniste a lancé des appels à l’évacuation de Nabatiyé. Le schéma est connu : ordonner aux civils de fuir, puis frapper ce qu’ils laissent derrière eux, puis s’installer. Le représentant russe au Conseil de sécurité de l’ONU, Vassily Nebenzia, a mis des mots dessus lors d’une réunion d’urgence lundi : « Le scénario du nettoyage de la bande de Ghaza se reproduit pratiquement à l’identique au Liban. » 26 ans après le retrait de 2000, les soldats sionistes occupent à nouveau la forteresse de Beaufort. L’incursion en cours est la plus profonde depuis cette date. Ce n’est plus une opération. C’est une occupation.
Depuis le 2 mars, au moins 3.412 personnes sont tombées en martyres au Liban. Plus d’un million ont été déplacées de leurs foyers. Un million de personnes qui dormaient dans leur lit et qui n’y dorment plus. Ce chiffre-là mérite qu’on s’y arrête, parce qu’on a tendance à le lire vite et à passer à la suite.
Beyrouth dans le viseur : même Trump dit non
C’est là que la semaine prend une tournure que personne n’attendait tout à fait. Selon le site américain Axios, qui cite un officiel américain, Donald Trump a appelé Benjamin Netanyahu lundi et la conversation a mal tourné. Très mal. Netanyahu souhaitait bombarder Beyrouth. Trump lui a répondu, selon les termes rapportés : « T’es complètement cinglé. Tout le monde te déteste maintenant. Tout le monde déteste Israël à cause de ça. » Puis, dans le même échange, le président américain aurait rappelé à son interlocuteur qu’il lui avait évité la prison lors de ses ennuis judiciaires : « Sans moi, tu serais en prison. Je te sauve la mise. »
Que Trump soit sincèrement opposé aux bombardements de la capitale libanaise ou simplement contraint par les négociations en cours avec Téhéran — l’Iran exige un cessez-le-feu au Liban comme condition à tout accord — la chose remarquable est la suivante : le principal allié d’Israël, celui qui signe les chèques et livre les bombes, dit maintenant que ce que fait Netanyahu est insensé. La France n’est pas en reste. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a déclaré mardi matin sur France 2 : « Rien ne peut justifier la poursuite des opérations militaires et l’occupation prolongée d’Israël dans la profondeur du territoire libanais. » Paris appelle à un cessez-le-feu immédiat. Moscou exige le retrait des forces sionistes du territoire libanais, « sans quoi il est impossible de parvenir à un véritable cessez-le-feu », selon Nebenzia. La résolution 1701 du Conseil de sécurité, adoptée en 2006, est dans toutes les bouches. Elle n’est respectée par personne — du moins par ceux qui ont les moyens de ne pas la respecter.
Le président du Parlement libanais Nabih Berri, dont le conseiller a déclaré à l’AFP qu’il garantirait le respect d’un cessez-le-feu global par le Hezbollah si un tel accord était conclu, joue le jeu de la diplomatie. Mais la diplomatie suppose deux parties qui veulent s’arrêter. L’une d’elles n’en donne aucun signe. Un père dentiste et ses deux enfants ont été tués sur une route du sud du Liban lundi, leur voiture prise pour cible par un drone. Six autres personnes sont mortes dans la soirée dans un village de la même région. Deux soldats libanais ont été blessés par un drone israélien sur la route de Habbouche.
L’Iran regarde, calcule, et attend son heure
Derrière toute cette mécanique de destruction se profile la question iranienne. Les négociations entre Téhéran et Washington piétinent. L’Iran examine toujours la dernière proposition américaine avec, dit une source citée par l’agence Mehr, « une extrême prudence » liée aux « antécédents des États-Unis en matière de non-respect des engagements ». Ce n’est pas de la méfiance gratuite. C’est de la mémoire.
Un haut responsable militaire iranien a été plus direct : « Les États-Unis exigent notre capitulation totale et la nation iranienne ne capitulera jamais. Sans capitulation, la guerre est inévitable. Nous l’attendons et elle ne nous fait pas peur. » L’ambassade iranienne en Inde a ironisé sur X, demandant à Trump de « mettre fin aux guerres sur tous les fronts » et de « payer pour les destructions massives causées par cette guerre » avant de prétendre à une « grande victoire historique ».
Lyes Saïdi
L’Algérie condamne avec la plus grande fermeté la poursuite des incursions des forces d’occupation israéliennes sur le territoire libanais
L’Algérie a condamné et dénoncé avec la plus grande fermeté la poursuite des incursions des forces d’occupation israéliennes à l’intérieur du territoire libanais ainsi que les attaques visant les civils et les infrastructures, constituant ainsi une agression flagrante contre la souveraineté de la République libanaise, pays frère, et une violation manifeste des règles du droit international, a indiqué lundi un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
« L’Algérie condamne et dénonce avec la plus grande fermeté la poursuite des incursions des forces d’occupation israéliennes en territoire libanais et les attaques visant les civils et les infrastructures, en ce qu’elles constituent une agression flagrante contre la souveraineté de la République libanaise, pays frère et une violation manifeste des règles du droit international », précise le communiqué.
« L’Algérie appelle la communauté internationale à assumer ses responsabilités face à cette agression contre un Etat souverain, membre de l’Organisation des Nations unies, à mettre un terme aux agissements de l’occupant israélien qui menacent la sécurité et la stabilité dans la région, et à l’amener à respecter la Charte des Nations unies ainsi que les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité relatives à la cessation de la guerre contre le Liban, notamment la résolution 1701 appelant au cessez-le-feu », ajoute la même source.
APS

