Culture

8e Salon des arts s’ouvre à la Maison de la Culture Moufdi-Zakaria : Ouargla célèbre ses plasticiens

C’est dans la salle d’expositions de la Maison de la culture Moufdi-Zakaria qu’Ouargla a choisi de marquer la Journée nationale de l’artiste. Samedi, 22 plasticiens de la wilaya ont accroché une cinquantaine d’œuvres pour la 8e édition du Salon des arts plastiques local — un rendez-vous annuel qui, au fil des éditions, est devenu l’un des rares moments où la scène artistique du Sud se donne à voir dans sa diversité réelle. Le Sahara comme matière première, le patrimoine local comme fil conducteur : les œuvres exposées puisent massivement dans ce que les artistes ont sous les yeux et sous les pieds. Réalisme, abstraction, impressionnisme — les courants représentés couvrent un spectre large, signe que la scène plastique ouarglaise n’est ni monolithique ni enfermée dans une esthétique convenue. Ce qui unit ces travaux, c’est moins un style qu’un ancrage : le milieu saharien comme source, le patrimoine local comme réservoir de formes et de mémoire.

Le directeur de la Maison de la culture, Kachour Benchergui, a ouvert le Salon en soulignant ce que cette édition révèle sur la vitalité des ateliers maison. La participation, a-t-il dit, est «qualitative» — un mot qu’on emploie souvent par politesse mais qui, ici, désigne quelque chose de précis : ces vingt-deux artistes ne viennent pas de nulle part, ils travaillent dans les ateliers de l’établissement, et le Salon est pour eux l’occasion de «mettre en valeur leur potentiel artistique dans le domaine des arts plastiques». Autrement dit, l’institution joue son rôle : former, accompagner, puis exposer.

Le programme ne se limite pas à l’accrochage. Un concours est organisé en parallèle, avec deux objectifs distincts : récompenser les participants déjà reconnus et repérer des talents nouveaux. C’est la mécanique classique de ce type de salon — mais elle a du sens dans un contexte où les débouchés professionnels pour un plasticien du Sud restent étroits, et où une sélection dans un concours wilaya peut encore peser dans un parcours. Une conférence est également prévue sur la promotion des arts plastiques, les obstacles que rencontrent les artistes au quotidien et les formes de soutien disponibles. Ce volet-là est probablement le plus attendu : les questions de financement, de diffusion et de reconnaissance professionnelle traversent toutes les conversations du milieu depuis des années. Le Salon court jusqu’à lundi. Il se clôturera par une cérémonie de distinction des artistes participants — une façon de nommer publiquement ceux dont le travail aura retenu l’attention du jury, dans une wilaya où les occasions de visibilité institutionnelle ne sont pas légion.

Ouargla n’est pas Alger, et la scène plastique du Sud n’a pas les mêmes infrastructures ni les mêmes relais médiatiques que la capitale. C’est précisément pour ça que ce salon, à sa huitième édition, a une utilité concrète : il crée un espace, même temporaire, où le travail des artistes de la région existe aux yeux de la ville.

M.S.

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