Culture

Kaki d’Or : Trois textes primés

La 8e édition du concours national d’écriture dramaturgique « Kaki d’Or » a livré son palmarès dimanche à Mostaganem. Trois textes se sont imposés dans la catégorie principale, trois autres dans la section encouragement — six voix nouvelles pour un prix qui, depuis huit ans, porte le nom du dramaturge Ould-Abderrahmane Abdelkader, dit « Kaki », figure tutélaire du théâtre algérien.

C’est Kamel Bilal qui décroche le « Kaki d’Or », le premier prix, pour son texte intitulé « Longue nuit pour Ghaza ». Le titre dit beaucoup sur le climat dans lequel cette édition s’est tenue : difficile, en 2026, d’écrire pour la scène sans que Ghaza ne vienne hanter les pages. Le « Kaki d’Argent » revient à Fouad Leboukh pour « La Mort de Salah Bey », pièce qui convoque l’une des figures les plus sombres de la résistance algérienne au XVIIIe siècle. Le bronze, lui, va à Hichem Seddik pour « La Nuit de l’Aïd », un titre aux résonances plus intimes, ancré dans le quotidien. Dans la catégorie « Kaki d’Encouragement », destinée aux auteurs en début de parcours, le secrétariat du prix a distingué Soumia Bounab pour son texte « Amel » (Espoirs), suivie de Ghazi Mithal Ghazi avec « La Porte de l’Enfer » et de Sara Douida pour « La Grande Maison ». Le secrétariat général du prix a salué dans un communiqué « la qualité des contributions soumises dans le cadre de cette manifestation culturelle », précisant que le concours vise « à encourager les jeunes auteurs à mettre en valeur leurs talents créatifs et à produire des textes dramaturgiques contribuant au développement de la pratique théâtrale, ainsi qu’à l’enrichissement de la bibliothèque nationale algérienne par des œuvres théâtrales de qualité ». La date et le lieu de la cérémonie de remise des prix seront communiqués ultérieurement.

Pour mémoire, l’édition avait reçu 85 textes au total depuis l’ouverture des candidatures en novembre 2025 — un chiffre en soi : il témoigne que l’exercice de l’écriture dramaturgique garde ses partisans, dans un pays où le théâtre de texte ne fait pas toujours l’objet de la même attention que d’autres formes de création. La 7e édition avait consacré Mohamed Smaïl, devant Messaoud Atma et Manel Benhilal.

L’association culturelle nationale « Kaki d’Or », organisatrice du concours, tient ainsi Mostaganem dans son rôle discret mais réel de capitale du théâtre algérien — la ville qui accueille chaque été le festival national du théâtre professionnel, et qui garde, dans son histoire récente, la mémoire d’une scène fertile.

M.S.

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