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Mondial 2026 : L’Afrique à l’heure des comptes, l’Algérie fière de son héritage

À deux jours du coup d’envoi de la Coupe du Monde 2026, les chiffres de la FIFA dressent le portrait d’un football africain en marche, fort de 37 victoires en 92 ans d’histoire mondiale, avec dix nations engagées dans la bataille et des Verts qui abordent ce rendez-vous planétaire avec leurs propres légendes gravées dans le marbre.**

Depuis le jour lointain de 1934 où l’Égypte fut la première équipe africaine à fouler une pelouse de Coupe du Monde, le chemin parcouru par le continent est à la fois long et semé d’embûches. Les statistiques historiques que vient de publier la FIFA sont là pour le rappeler avec une précision implacable : en 162 matchs disputés jusqu’à la fin du Mondial Qatar 2022, les représentants de la Confédération africaine de football ont arraché 37 victoires, concédé 41 matchs nuls et encaissé 84 défaites. Un taux de réussite de 23 % qui place l’Afrique au troisième rang des confédérations mondiales, derrière les mastodontes européens de l’UEFA — 468 victoires en 808 matchs — et les Sud-Américains de la CONMEBOL avec 185 succès en 358 rencontres. Elle devance néanmoins la CONCACAF (34 victoires), l’AFC (25) et l’OFC (1), ce qui n’est pas rien.

Ces chiffres froids cachent pourtant des épopées qui ont fait vibrer des millions de supporters à travers le monde. Le Cameroun des Lions Indomptables avait ouvert la brèche en 1990 en allant jusqu’en quarts de finale, exploit retentissant qui avait changé le regard planétaire sur le football africain. Le Sénégal avait réédité la prouesse en 2002, le Ghana en 2010. Et l’Algérie, lors du Mondial brésilien de 2014, avait écrit sa propre page d’histoire en atteignant pour la première fois de son existence les huitièmes de finale, s’inclinant seulement en prolongations face à l’Allemagne, futur champion du monde, sur le score étriqué de 2-1. Des souvenirs qui brûlent encore.

Dans la hiérarchie africaine des nations victorieuses, c’est le Nigeria qui trône en maître avec six succès en Coupe du Monde. Les Super Eagles devancent un quatuor regroupant le Cameroun, le Ghana, le Maroc et le Sénégal, chacun créditant cinq victoires à son actif. Viennent ensuite l’Algérie, la Côte d’Ivoire et la Tunisie, avec trois victoires chacune — un bilan qui place les Verts dans le ventre mou de l’élite africaine, mais qui mérite qu’on s’y attarde. Car ces trois succès algériens ne sont pas des victoires anodines. Deux d’entre elles ont été arrachées lors du légendaire Mondial 1982 en Espagne, là où les Fennecs avaient stupéfié la planète football en battant la RFA de Karl-Heinz Rummenigge sur le score de 2-1, puis en dominant le Chili 3-2 dans un match d’anthologie. La troisième est venue plus récemment, au Mondial 2014 au Brésil, avec une manita infligée à la Corée du Sud (4-2) qui avait rappelé que les Verts savaient jouer au football, eux qui avaient encore tenu tête à la machine allemande couronnée cette année là, en étant les seuls à l’avoir menée aux prolongations avant de céder.

Avec l’élargissement du tournoi à 48 équipes, la Coupe du Monde 2026 offre à l’Afrique une fenêtre inédite sur la gloire. Dix nations du continent seront au rendez-vous : l’Afrique du Sud, l’Algérie, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, le Ghana, l’Égypte, le Maroc, la RD Congo, le Sénégal et la Tunisie. Jamais le football africain n’avait disposé d’une telle représentation dans une phase finale mondiale. C’est à la fois une chance et une responsabilité. Les 37 victoires inscrites au compteur historique pourraient connaître une progression significative si ces dix ambassadeurs du continent sont à la hauteur des espoirs placés en eux.

Gyan, roi incontesté des buteurs africains

Du côté des statistiques individuelles, le palmarès des buteurs africains en Coupe du Monde est dominé sans partage par le Ghanéen Asamoah Gyan, véritable légende du football continental. Avec six réalisations inscrites en trois phases finales — un but en 2006 en Allemagne, trois en 2010 en Afrique du Sud et deux autres en 2014 au Brésil — l’ancien attaquant des Black Stars conserve son trône et ne semble pas prêt de le céder. Derrière lui, la légende camerounaise Roger Milla et ses cinq buts, icône éternelle des Mondiaux 1990 et 1994, continue de hanter les mémoires comme le symbole d’un football africain capable de rêver grand. Le Nigérian Ahmed Musa complète le podium avec quatre réalisations, notamment ce doublé salvateur face à l’Argentine en 2014 qui reste dans toutes les têtes.

Madjer, Assad, Djabou, Slimani

Pour l’Algérie, le bilan des buteurs en Coupe du Monde est une galerie de portraits qui raconte quarante ans d’histoire. Tout commence avec Rabah Madjer, ce gaucher de génie qui a inscrit le premier but algérien de l’histoire du tournoi face à l’Allemagne de l’Ouest en 1982. Un but fondateur, un acte de naissance pour les Verts sur la scène mondiale. C’est ensuite Salah Assad qui entre dans la légende en claquant un doublé face au Chili lors de ce même Mondial espagnol, devenant ainsi le premier Algérien à marquer deux buts dans une seule Coupe du Monde. Il faudra attendre 2014 et le Brésil pour voir deux autres noms s’inscrire dans ce livre d’or. Abdelmoumene Djabou d’abord, ce milieu combatif qui avait ouvert le score face à la Corée du Sud au premier tour, puis Islam Slimani, le buteur qui a porté la sélection sur ses épaules pendant des années, auteur également de deux réalisations lors de ce tournoi. Ces trois joueurs — Assad, Djabou et Slimani — partagent aujourd’hui le titre de meilleurs buteurs algériens de l’histoire en phase finale de Coupe du Monde avec deux buts chacun. La liste des Algériens ayant inscrit leur nom au palmarès mondial comprend également Lakhdar Belloumi, Tedj Bensaoula et Djamel Zidane pour le Mondial 1982, Yacine Brahimi, Sofiane Feghouli et Rafik Halliche pour l’édition 2014, chacun ayant marqué une fois. Autant de noms qui composent le roman algérien en Coupe du Monde, roman inachevé et qui attend, à l’aube du 11 juin 2026, de nouveaux chapitres.

Au niveau planétaire, le record absolu reste la propriété de l’Allemand Miroslav Klose avec 16 buts, devant le Brésilien Ronaldo (15) et Gerd Müller (14). Lionel Messi, avec ses 13 réalisations, tentera lors de ce sixième Mondial de sa carrière de se rapprocher du sommet. Mais pour les supporters algériens, c’est d’abord leurs propres héros qu’ils espèrent voir grimper au classement. L’histoire est en marche.

Moncef D.

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