Culture

Le Palais des Beys réceptionné après des travaux de restauration : La Citadelle d’Alger retrouve son souffle

Perchée sur les hauteurs de la Casbah, la Citadelle d’Alger sort peu à peu de décennies d’abandon. Le Palais des Beys vient d’être réceptionné après d’importants travaux de restauration, et le chantier du Palais du Dey entre dans sa phase finale.  Mardi, le wali d’Alger, Mohamed Abdenour Rabehi, et la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, ont effectué une visite de terrain au cœur de ce site emblématique, accompagnés du président de l’Assemblée populaire de wilaya, Mohamed Lahbib Ben Boulaïd, et de cadres des deux institutions. Une sortie qui ne relevait pas du simple protocole : il s’agissait de constater, concrètement, l’avancement d’un programme de réhabilitation qui engage l’image patrimoniale de toute la Capitale. La visite s’inscrit dans le prolongement d’une séance de travail tenue le même jour au siège de la wilaya, au cours de laquelle les deux responsables ont passé en revue les projets culturels intégrés à la vision stratégique de développement et de modernisation d’Alger. Au menu des échanges : le plan de préservation et de mise en valeur du secteur sauvegardé de la Casbah, classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1992, et le programme de restauration des monuments historiques qui en constituent l’ossature architecturale la plus précieuse.

La première bonne nouvelle, et elle est concrète, concerne le Palais des Beys. Ce joyau de l’architecture ottomane algéroise, qui fut la résidence des gouverneurs turcs avant la conquête française de 1830, vient d’être officiellement réceptionné à l’issue de travaux de restauration et de réhabilitation. Sa remise en état constitue un signal fort dans un contexte où la Casbah a longtemps peiné à mobiliser les financements et la volonté politique nécessaires à sa sauvegarde. Édifié au XVIIIe siècle, le palais est l’un des rares ensembles civils ottomans encore debout dans la ville haute. Sa réception marque une étape dans le programme global de réhabilitation de la Citadelle, qui regroupe plusieurs bâtiments historiques imbriqués les uns dans les autres, formant un ensemble d’une complexité architecturale redoutable.

L’autre temps fort de la visite s’est déroulé au Palais du Dey, voisin immédiat du Palais des Beys dans l’enceinte de la Citadelle. Les travaux y sont toujours en cours, et la délégation s’est arrêtée longuement pour s’enquérir de leur avancement et, surtout, de leur qualité. Car ici, la difficulté n’est pas seulement structurelle : elle est aussi esthétique. Les équipes engagées sur le chantier sont confrontées à la préservation des éléments décoratifs d’origine — mosaïques polychromes, gravures murales, stucs travaillés — qui font la singularité et la beauté de cet édifice. Des opérations qualifiées, dans le communiqué de la wilaya, de « minutieuses et complexes », une formule qui dit assez le niveau d’exigence requis pour ne pas trahir un patrimoine que des générations d’artisans avaient patiemment constitué.

La Casbah d’Alger n’est pas un monument : c’est un organisme vivant, fragile, constamment menacé par l’humidité, les glissements de terrain et la pression démographique. Inscrite sur la liste du patrimoine en péril de l’Unesco, elle concentre près de mille bâtisses dont une large part présente des signes sérieux de dégradation. Depuis plusieurs années, les autorités algériennes ont réaffirmé leur volonté de renverser cette tendance, en mobilisant des crédits conséquents et en structurant un plan de sauvegarde du secteur sauvegardé. La visite de mardi s’inscrit dans cette dynamique.

Mohand S.

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