U16 et U23 : Les jeunes Verts entre éclat et déception
La semaine a été riche en enseignements pour le football algérien des catégories de jeunes. Deux sélections nationales étaient sur le pont ces derniers jours, dans le cadre de leur préparation respective aux prochaines échéances officielles, et les bilans sont pour le moins contrastés. D’un côté, les U16 de Karim Ziani ont brillé de mille feux sous le soleil saoudien, confirmant tout le bien que l’on pense de cette génération prometteuse. De l’autre, les U23 de Rafik Saïfi et Azzedine Rahim ont subi une cuisante correction à domicile face à la Mauritanie, laissant planer quelques interrogations à quelques mois des éliminatoires de la CAN.
Commençons par les bonnes nouvelles, et elles sont grandes. À Dammam, au stade Prince Abdullah Bin Jalawi, les cadets algériens ont signé une prestation de haute facture en écrasant leur homologue saoudienne sur le score sans appel de cinq buts à un, lors du deuxième match amical de leur stage de préparation en Arabie Saoudite. Une démonstration de force, une leçon de football collectif dispensée par des gamins qui n’ont pas encore seize ans mais qui jouent déjà avec la maturité de grands. Ben Adam Kissoum a été le grand artisan de cette victoire, lui qui a claqué un doublé avec l’autorité d’un attaquant accompli. Sidi Ahmed Fehim n’a pas été en reste, lui aussi auteur de deux réalisations, tandis que Daoud Belgraâ venait parachever le festival offensif algérien. Cinq buts, cinq joueurs impliqués, un seul message envoyé au reste du continent : cette génération existe et elle entend bien se faire entendre.
Ce succès prend d’autant plus de valeur qu’il fait suite à une première victoire lors du match aller, acquise sur le score de deux buts à un. Le bilan du stage saoudien est donc parfait, avec deux victoires en deux rencontres, et une différence de buts largement en faveur des protégés de Karim Ziani. Pour rappel, le sélectionneur avait convoqué 24 joueurs pour ce rassemblement, dont huit évoluant dans des championnats étrangers, preuve que le vivier algérien à l’international commence lui aussi à se structurer dans les jeunes catégories.
Mais pendant que les U16 faisaient la fête à Dammam, à quelque 4000 kilomètres de là, à Annaba, les U23 vivaient une soirée bien plus douloureuse. Au stade du 19-Mai-1956, devant leur propre public, les Fennecs espoirs se sont inclinés sur le sévère score d’un but à trois face aux Mourabitounes mauritaniens, dans ce qui constituait le deuxième match amical d’une double confrontation préparatoire. Le scénario de la rencontre a été particulièrement cruel pour les Algériens. Les visiteurs ont ouvert le score juste avant la pause, sur un superbe travail individuel d’Aïssa M’barek à la 45e minute. En seconde période, les Verts ont eu les occasions pour renverser la vapeur, mais le manque de réalisme devant le but adverse a fini par les punir sévèrement. Mohamed Cissokho a alourdi la marque à la 84e minute, avant que Mohamed El Amine Ramdaoui ne redonne un semblant d’espoir en réduisant le score dans les arrêts de jeu. Mais c’était sans compter sur la détermination mauritanienne, qui a su trouver une troisième fois le chemin des filets par Abderrahmane N’daw à la 90e minute plus cinq, pour définitivement fermer le match.
Ce résultat est d’autant plus décevant que lors du premier test, vendredi dernier, l’Algérie s’était imposée deux buts à zéro grâce à des réalisations de Benidder dès la quatrième minute et de Becheikh à la 85e minute, laissant entrevoir une équipe compétitive et bien en place. La chute du match retour soulève donc des questions légitimes sur la régularité et la solidité de ce groupe, à l’heure où les enjeux commencent à devenir sérieux. Car l’objectif affiché est clair et ambitieux : se qualifier pour les Jeux olympiques d’été de 2028 à Los Angeles, une compétition qui échappe à l’Algérie depuis Rio de Janeiro en 2016. Pour y parvenir, il faudra d’abord franchir l’obstacle des éliminatoires de la CAN U23, prévues en septembre prochain, et le chemin s’annonce semé d’embûches si le collectif ne se resserre pas rapidement autour des principes de jeu définis par le tandem Saïfi-Rahim.
M. Dahleb

