L’Algérie fait son entrée dans le Mondial 2026 : Les Verts face à Messi et à l’histoire
Douze ans d’absence et une revanche à prendre sur le destin. Dans la nuit de mardi à mercredi à Kansas City, l’équipe nationale de football retrouve la Coupe du monde face à l’Argentine de Lionel Messi, dans ce qui constitue sans doute l’entrée en matière la plus difficile que pouvait réserver le tirage au sort aux Verts. Le coup d’envoi est fixé à 2h00 du matin, heure algérienne, au stade Arrowhead, pour le compte de la première journée du groupe J du Mondial 2026.
Douze ans après leur dernier Mondial brésilien — et deux éditions manquées, en Russie et au Qatar — les hommes de Vladimir Petkovic reviennent sur la plus grande scène du football mondial avec une ambition clairement affichée : ne pas faire de la figuration. Le groupe sait ce qui l’attend. Débuter contre les champions du monde en titre, c’est s’exposer d’emblée à l’adversité la plus rude. C’est aussi, pour peu que le résultat soit au rendez-vous, la façon la plus retentissante de signaler son retour.
Les signaux envoyés par la sélection ces dernières semaines plaident en faveur d’un optimisme raisonné. Le 3 juin à Rotterdam, les Verts ont battu les Pays-Bas sur leur pelouse (0-1), grâce à un but d’Anis Hadj Moussa à la 85e minute. Quelques jours après leur arrivée aux États-Unis, ils ont écrasé la Bolivie 4 à 0 dans un amical disputé à Kansas City — avec des réalisations signées Mandi, Gouiri (doublé) et Hadj Moussa. Sur les dix dernières sorties de l’équipe nationale, le bilan affiche huit victoires, un nul et une seule défaite, pour 22 buts marqués et seulement trois encaissés. C’est une équipe qui marque et qui défend. Ces chiffres ne mentent pas.
La préparation suit son cours à Lawrence, dans le Kansas, où la sélection nationale est installée à son camp de base. Dimanche, la séance d’entraînement au Rock Chalk Park de l’Université du Kansas s’est déroulée en présence de l’ensemble du groupe. Travail technico-tactique, peaufinage des automatismes, concentration visible dans les rangs.
Riyad Mahrez portera le brassard de capitaine dans ce choc. À 35 ans, le joueur le plus titré de sa génération aborde ce Mondial comme une dernière grande occasion d’inscrire son nom dans les livres d’histoire du football algérien. Son compère en attaque, Amine Gouiri, est en feu depuis plusieurs semaines. En défense, le doute persiste autour de Ramy Bensebaïni, touché à la cheville droite. Le latéral de Borussia Dortmund a repris l’entraînement collectif vendredi, mais sa participation mercredi reste suspendue à une décision de dernière heure.
En face, l’Argentine se présente avec le statut que tout le monde lui connaît : tenante du titre, redevenue numéro un mondial au classement FIFA, et forte de sept victoires consécutives. Scaloni peut aligner l’un des effectifs les plus fournis du football planétaire. Mais le champion du monde n’est pas sans failles. Le latéral gauche Nicolas Tagliafico est officiellement forfait. Plus embêtant encore pour l’Albiceleste, le gardien titulaire Emiliano Martinez est très incertain en raison d’une blessure à la main. Son absence éventuelle priverait l’Argentine de l’un des meilleurs portiers du monde.
Lionel Messi, lui, sera bien là. À 38 ans, l’ancien Barcelonais dispute sans doute sa dernière Coupe du monde. Il avait inscrit deux buts contre la France lors de la finale au Qatar avant de soulever le trophée. Pour les Algériens, le neutraliser ne sera pas une mince affaire. Mais battre l’Argentine ne relève pas non plus de l’impossible. C’est précisément ce que les Verts entendent démontrer.
Pour arbitrer cette affiche, la FIFA a désigné le Polonais Szymon Marciniak, assisté de ses compatriotes Tomasz Listkiewicz et Adam Kupsik. Le Néo-Zélandais Campbell-Kirk Kawana-Waugh officiera comme quatrième arbitre.
Dans les tribunes du stade Arrowhead, plusieurs milliers de supporters algériens sont attendus. La diaspora s’est mobilisée à travers les États-Unis et au-delà. Il y aura du bruit, de la couleur, et sans doute beaucoup d’émotion pour ce retour des Verts sur la scène mondiale. L’Algérie attend ce moment depuis trop longtemps pour le laisser passer sans tenter quelque chose de grand.
Dans l’autre match du groupe J, l’Autriche et la Jordanie s’affrontent au Levi’s Stadium de Santa Clara à 5h00, heure algérienne.
Moncef Dahleb
Lawrence se colore de vert et blanc pour accueillir les Fennecs
Avant même d’avoir botté un seul ballon sur le sol américain, l’équipe nationale algérienne a déjà laissé sa marque dans le Kansas. L’artiste Stan Herd, figure du land art américain connue pour ses fresques végétales à l’échelle des champs, a gravé le drapeau algérien dans la terre de Lawrence, vert, blanc, rouge et croissant, visible depuis les hauteurs et relayé massivement sur les réseaux sociaux. L’œuvre, réalisée à partir de gazon et de végétaux taillés sur des dizaines de mètres carrés, n’est pas une initiative isolée. Elle s’inscrit dans un élan d’accueil que la ville de Lawrence, aux portes de Kansas City, a organisé autour de la présence de la sélection nationale, choisie comme camp de base pour la durée de la Coupe du monde 2026. La municipalité a déployé un programme d’activités culturelles et sportives, et plusieurs établissements locaux ont adapté leurs services à l’afflux de supporters algériens attendus tout au long de la compétition.
Sur le terrain, les séances d’entraînement ouvertes au public ont attiré des centaines de fans, venus de près ou de loin, qui ont pu approcher les joueurs et échanger quelques mots avec eux. Plusieurs internationaux algériens ont également participé à des actions avec des jeunes des académies locales de football, le genre d’image qui circule vite et qui compte, dans une ville où la sélection est visiblement perçue comme bien plus qu’une équipe de passage. L’Argentine, l’Angleterre et les Pays-Bas ont aussi posé leurs valises dans la région. Mais c’est le drapeau algérien qu’un artiste a choisi de graver dans la terre du Kansas. Ça ne se décrète pas.
M.D.

