Législatives du 2 juillet : L’ANIE serre la vis sur l’éthique de campagne
À quinze jours du scrutin législatif du 2 juillet, l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a publié mercredi un nouveau communiqué appelant l’ensemble des candidats à l’élection des membres de l’Assemblée populaire nationale à respecter scrupuleusement les règles du jeu électoral. Le signal est clair, la période de campagne, qui se prolonge jusqu’au silence électoral précédant le vote, sera placée sous surveillance.
Dans son communiqué, l’ANIE se fonde sur le décret présidentiel n° 26-145 du 4 avril 2026 portant convocation du corps électoral ainsi que sur l’ordonnance n° 21-01 du 10 mars 2021 relative au régime électoral pour rappeler ses exigences. L’autorité appelle les candidats à «veiller au respect des principes fondamentaux du régime électoral, de l’éthique et de la déontologie des pratiques électorales, ainsi qu’au bon déroulement des opérations électorales». Elle leur demande notamment de «s’abstenir d’utiliser les lieux de culte, les moyens de l’État, les collectivités locales et les établissements publics ou d’exploiter les lieux de travail à des fins de campagne électorale ou d’abuser de leurs postes ou fonctions pour influencer de quelque manière que ce soit le libre choix des électeurs».
Ce texte s’inscrit dans une séquence de communications soutenue depuis le début du mois de juin. Le président par intérim de l’ANIE, Karim Khelfan, avait annoncé début juin que le coup d’envoi de la campagne électorale serait donné le 9 juin 2026. Dans les jours qui ont suivi, l’autorité électorale a diffusé une série de communiqués techniques encadrant le processus. Elle a précisé que le numéro d’ordre attribué lors du tirage au sort pour la répartition des créneaux horaires dans les médias publics ferait office de numéro d’identification sur les bulletins de vote. Un communiqué du 4 juin avait également rappelé aux listes l’obligation de déposer auprès des coordinateurs de wilaya un document signé précisant l’ordre des candidats sur chaque liste.
Sur le volet financier, l’ANIE avait rappelé dans un communiqué les modalités pratiques relatives aux procédures de financement de la campagne électorale, insistant sur la nécessité d’un compte bancaire unique et la traçabilité des dépenses. Elle avait également prévenu les candidats qu’«il est interdit de recevoir de façon directe ou indirecte des dons en espèces ou en nature ou toute autre contribution, quelle qu’en soit la forme, de la part d’un État étranger ou de toute personne physique ou morale de nationalité étrangère». Plus récemment, l’ANIE a précisé les modalités de l’aide financière de 300 000 dinars destinée aux listes indépendantes composées exclusivement de candidats de moins de quarante ans.
L’autorité électorale avait par ailleurs organisé, le 6 juin, le tirage au sort des créneaux d’expression sur les médias audiovisuels publics. À l’issue de cette cérémonie, les mandataires des formations politiques et des candidats indépendants avaient signé une charte d’éthique s’engageant à respecter les règles de la campagne. Ce document engage les candidats à respecter les valeurs et les constantes nationales et leur interdit l’usage d’un discours de haine fondé sur la race, le sexe, l’origine, la langue ou la religion.
Le communiqué de mercredi intervient à un moment où la campagne monte en intensité sur le terrain. Les formations en lice multiplient meetings et rencontres de proximité à travers le territoire national, et les appels à la participation électorale massive dominent les discours. L’ANIE, qui veille au grain, entend rappeler à tous les acteurs que le cadre légal s’applique jusqu’au dernier bulletin déposé dans l’urne.
Hocine Fadheli

