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USA-Iran : Des pourparlers à Lucerne sur fond de bombardements israéliens meurtriers au Liban

Les délégations américaine et iranienne se sont retrouvées dimanche à Bürgenstock, sur les rives du lac des Quatre-Cantons, en Suisse, pour une nouvelle session de pourparlers placée sous médiation pakistanaise et qatarie, alors que le bilan des bombardements israéliens au Liban, rendu public le même jour par le ministère libanais de la Santé, fait désormais état de plus de 4 100 morts depuis le début mars.

Selon les autorités sanitaires libanaises, au moins 4 106 personnes ont péri et 12 153 autres ont été blessées depuis le 2 mars, date du déclenchement de l’agression israélienne contre le Liban, dont 383 femmes, 251 enfants et 135 professionnels de santé. Ce décompte intervient alors que les frappes israéliennes se sont poursuivies vendredi et samedi dans le sud du Liban, fragilisant le cessez-le-feu censé encadrer la région.

C’est dans ce contexte que s’est ouverte, dimanche, la première réunion de haut niveau entre Washington et Téhéran depuis la signature, trois jours plus tôt, d’un protocole d’accord. Le ministère qatari des Affaires étrangères a fait état de la tenue de cette rencontre « avec la participation de représentants des États-Unis, de la République islamique d’Iran et des deux États médiateurs », le Qatar et le Pakistan. Côté pakistanais, le Premier ministre Shehbaz Sharif et le chef d’état-major de l’armée, le maréchal Asim Munir, ont rejoint Bürgenstock pour piloter les discussions aux côtés du vice-président américain J. D. Vance et du négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement.

Avant l’ouverture des discussions, Téhéran avait prévenu que la situation au Liban en constituerait le « principal » sujet. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a affirmé que les forces d’occupation israéliennes continuaient de « violer leurs engagements au Liban », ajoutant que la question du déblocage des avoirs iraniens gelés et des ventes de pétrole serait également abordée. Il a par ailleurs insisté sur le fait que la mise en œuvre des engagements pris par Washington, « en particulier la clause relative à la fin de la guerre sur tous les fronts », conditionnait toute avancée vers un accord final, se disant « déterminé à mener à bien, avec rigueur et sérieux », l’application du protocole signé.

Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a de son côté réaffirmé que son pays ne cherchait pas à se doter de l’arme atomique, tout en réitérant son attachement au droit de l’Iran à poursuivre l’enrichissement d’uranium, garanti à des fins civiles par le traité de non-prolifération nucléaire dont Téhéran est signataire. « Nous pouvons également affirmer par écrit que nous n’avons aucune intention de fabriquer une bombe », a-t-il déclaré, tout en précisant : « Nous ne renoncerons pas à notre droit à l’enrichissement. »

Le vice-président américain a, pour sa part, évoqué des « progrès considérables » réalisés ces derniers jours « pour faire en sorte que le cessez-le-feu tienne au Liban », se disant « très satisfait de la situation au Liban » en dépit de la poursuite des combats. Il a appelé à « tourner une nouvelle page » dans les relations avec l’Iran, qu’il a décrit comme un « facteur d’instabilité régionale », tout en estimant possible un avenir où les deux pays « pourraient travailler ensemble pour promouvoir la paix et la prospérité ». M. Vance a précisé que les négociations techniques en cours ne permettraient pas nécessairement de résoudre tous les désaccords, mais qu’elles offraient l’occasion aux deux équipes de « s’asseoir ensemble pour la première fois de l’histoire ».

Le président américain Donald Trump a, pour sa part, haussé le ton sur son réseau Truth Social, exhortant l’Iran à « immédiatement empêcher ses mandataires grassement rémunérés au Liban de causer des problèmes », sous peine de nouvelles frappes « très fort », a-t-il averti.

Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar, a quant à lui jugé les discussions « considérablement » avancées, se disant « confiant » dans la perspective d’un accord final, tout en prévenant que la prochaine phase des négociations s’annonçait « plus difficile ». Selon lui, un accord aurait été trouvé sur la réduction du niveau d’enrichissement du stock nucléaire iranien, les deux parties s’accordant sur le fait que la diplomatie demeure « la seule solution ». Il a également annoncé qu’aucun droit de passage ne serait imposé dans le détroit d’Ormuz durant une période de soixante jours, sans redevance ni pour le transit ni pour les services, précisant que trois équipes techniques se trouvaient actuellement en Suisse pour examiner le dossier nucléaire iranien, les avoirs gelés de Téhéran et la situation au Liban.

Le protocole d’accord signé mercredi entre Washington et Téhéran prévoit une période de soixante jours de pourparlers consacrés au programme nucléaire iranien et à la levée des sanctions visant l’Iran, en vue d’un règlement final dont l’issue demeure, à ce stade, incertaine.

Lyes Saïdi

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