Vladimir Petkovic : « Nous n’avons encore rien accompli »
La victoire contre la Jordanie (2-1), lundi soir lors de la deuxième journée du groupe J, ne fait pas tourner la tête de Vladimir Petkovic. Le sélectionneur national l’a dit sans détour en conférence de presse, les Verts ne sont pas encore qualifiés, et le vrai rendez-vous se nomme Autriche.
Sur le fond, Petkovic a estimé que son équipe méritait ses trois points. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, 600 passes réussies, 72 % de possession de balle, 17 à 18 tentatives cadrées. « En regardant uniquement les statistiques, nous avons effectué 600 passes, affiché 72 % de possession de balle, et tenté 17 ou 18 tirs au but, ce qui veut tout dire », a-t-il résumé, avant de rendre hommage à un adversaire qui ne s’est pas laissé faire. « Ce soir, c’était vraiment une belle équipe de Jordanie. » Le scénario de la rencontre avait pourtant de quoi inquiéter. Menés au score dès les premières minutes après une erreur évitable, les Verts ont dû puiser dans leurs ressources pour renverser la situation. Petkovic a retenu l’essentiel, la réaction du groupe. « Ce qui m’a le plus plu aujourd’hui, c’est la réaction des joueurs après avoir encaissé ce but. L’équipe n’a pas perdu son calme et a continué à croire en sa capacité à revenir dans le match. » Une solidité mentale d’autant plus précieuse qu’elle intervient cinq jours après la défaite inaugurale face à l’Argentine.
La seconde période, totalement maîtrisée, a été la clé. Petkovic l’explique par des ajustements concrets plutôt que par un discours sur le moral. « En seconde mi-temps, l’équipe a été meilleure dans les duels, dans la récupération des seconds ballons, et a commis moins de fautes, évitant ainsi de donner des opportunités à l’adversaire par nos propres erreurs. Et cela s’est avéré payant. » Les changements effectués en cours de jeu ont également apporté une dose d’énergie offensive décisive dans ce retournement de situation.
Sur la question de savoir si ce match face à la Jordanie était ou non décisif, Petkovic a souri. Sa logique est mathématique. « C’est le genre de question qui me fait un peu sourire, car mathématiquement, le dernier match est toujours le plus décisif. C’est lui qui vous qualifie à la deuxième place ou vous rejette à la troisième. »
L’heure n’est donc pas aux célébrations. Le technicien bosnien a immédiatement recadré son groupe en vue du dernier acte de groupe. « Nous n’avons encore rien accompli. La qualification n’est pas assurée. Il nous reste une rencontre décisive face à l’Autriche qui déterminera notre avenir dans cette compétition», tranche-t-il. Le destin des Verts reste entre leurs mains. Il n’appartient qu’à eux de le saisir.
Moncef D.

