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Législatives : Le vote commence à l’étranger, les bureaux itinérants sur le départ

Avant même que la campagne ne s’éteigne sur le territoire national, le processus électoral est déjà en marche à en dehors des frontières. Ce samedi, les Algériens établis en Tunisie, en Italie, en Belgique et dans plusieurs autres pays ont commencé à déposer leurs bulletins dans l’urne pour les législatives du 2 juillet, tandis que dans les profondeurs du Grand Sud, les premiers convois de bureaux de vote itinérants ont pris la route vers les régions isolées. La dernière ligne droite est engagée. Le silence électoral doit tomber ce dimanche à minuit.

C’est depuis la salle des opérations du siège central de l’Autorité nationale indépendante des élections, à Alger, que Karim Khelfane a suivi en temps réel le lancement du vote de la diaspora. Le président par intérim de l’ANIE, accompagné du directeur général des affaires consulaires et de la communauté nationale à l’étranger, Rachid Meddah, et de cadres du ministère des Affaires étrangères, a supervisé les premières heures d’un scrutin qui concerne 854.785 électeurs inscrits hors des frontières, sur un corps électoral national total de 24.727.041 inscrits. Des statistiques de participation en temps réel ont été consultées, et l’organisation dans les centres de vote des représentations diplomatiques et consulaires a été passée en revue. Le dispositif, selon Khelfane, est à la hauteur de l’enjeu. «Toutes les mesures nécessaires ont été prises, outre la mise en place de la couverture sécuritaire nécessaire pour les convois électoraux qui se déplacent jusqu’au dernier point de la frontière algérienne, pour permettre aux citoyens d’exercer leur droit de vote dans les meilleures conditions», assure-t-il. Il a tenu à rassurer sur la fluidité de l’opération. L’exercice «se déroulera normalement, comme il est d’usage lors des différentes échéances électorales».

À Tunis, les premiers électeurs se sont présentés dès l’ouverture des bureaux, à 8 heures du matin. Quelque 15.126 inscrits sont attendus dans les trois centres électoraux ouverts en Tunisie, les consulats généraux de Tunis, du Kef et de Gafsa, où 21 bureaux de vote, fixes et itinérants, sont mobilisés jusqu’à jeudi. Le coordinateur de l’ANIE pour la zone Afrique, Nabil Naka, a insisté sur le recours à la numérisation pour garantir «la transparence et l’intégrité du processus électoral», citant également «l’intensification des programmes de formation des encadreurs» et l’adoption de protocoles sécuritaires pour la protection des urnes. En Italie, 7.073 électeurs répartis entre Rome, Naples et Milan exercent leur droit de vote avec cinq listes en compétition, tandis que des bureaux itinérants sillonnent des villes aussi éloignées que Palerme, Turin, Florence ou Bari. En Belgique et au Grand-Duché de Luxembourg, le coordinateur local de l’ANIE, Hakem Torchi, a confirmé l’ouverture de neuf bureaux à travers Bruxelles, Gand, Liège, Mons, Charleroi, Courtrai et Anvers, pour un électorat estimé à 18.000 personnes. Le scrutin du 2 juillet verra la compétition pour les 12 sièges réservés à la diaspora à l’APN, un nombre porté de 8 à 12 lors de ce cycle, reflet d’une volonté de mieux représenter les Algériens de l’étranger au sein de la chambre basse du Parlement. 70 listes, partis et indépendants confondus, se disputent ces mandats à l’échelle des huit zones géographiques de la communauté nationale établie hors du pays.

À l’échelle nationale, le décompte que dresse Khelfane donne la mesure du chantier logistique engagé par l’ANIE. 134 bureaux de vote itinérants déployés dans 15 wilayas, sur un total de 63.385 bureaux à l’échelle du pays, encadrés par plus de 444.000 agents au niveau des bureaux et quelque 68.000 autres dans les centres de vote. La loi organique relative au régime électoral impose que le vote dans les bureaux mobiles débute 72 heures avant le scrutin national, compte tenu des distances et de la dispersion des populations nomades dans les zones reculées du pays.

C’est précisément cette contrainte géographique qui a conduit, ce samedi matin, au départ du premier convoi itinérant de la wilaya de Tindouf. Le bureau de vote numéro 2 a quitté le chef-lieu en direction de Chenachen-Lakhal, une région située à plus de 700 kilomètres, où près de 2.600 électeurs sont inscrits. Mohamed Beneddine, coordinateur de wilaya de l’ANIE, a expliqué que l’éloignement de ce secteur imposait un départ anticipé pour respecter les délais légaux. «Les convois des onze autres bureaux de vote mobiles partiront demain (dimanche), tandis que l’ensemble de ces bureaux accueilleront les électeurs à partir du 29 juin», a-t-il précisé. Le président du bureau mobile numéro 2, Khadar Mebarki, a détaillé les localités que son équipe couvrira soit Douik, Merrat, Gachouch El-Bagra et Sbita, avec un démarrage effectif du scrutin prévu lundi. Au total, la wilaya de Tindouf mobilise 12 bureaux itinérants pour desservir les zones isolées des communes de Tindouf et d’Oum-Lassel, en complément de 217 bureaux fixes répartis dans 28 centres de vote. Tous les représentants des listes en lice sont autorisés à désigner des observateurs dans ces dispositifs, fixes comme mobiles, «conformément aux procédures légales, afin d’assurer le suivi du processus électoral sur le terrain dans un climat de transparence», selon Beneddine.

Pendant ce temps, la campagne électorale pour le renouvellement de l’Assemblée populaire nationale entre dans son ultime phase sur le territoire national. Meetings et rencontres de proximité se multiplient, les candidats cherchant à grappiller les dernières heures disponibles avant la fermeture réglementaire de la campagne ce dimanche soir à minuit, qui marquera l’entrée en vigueur du silence électoral.

Massinissa Raïs

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