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À quelques heures du silence électoral : La campagne pour les législatives s’emballe

La dernière ligne droite avant le scrutin du 2 juillet s’est transformée, ce samedi, en une véritable course contre la montre. Partis et listes indépendantes ont mobilisé leurs états-majors aux quatre coins du pays, multipliant les meetings populaires dans une ultime tentative de convaincre les électeurs, alors que le silence électoral entre en vigueur ce dimanche à minuit. Un mot d’ordre traverse toutes les formations politiques, la participation, massivement et impérativement.

Samedi donc, à Bouira, Youcef Aouchiche, Premier secrétaire national du Front des forces socialistes (FFS), a pris la parole sur la place publique de l’ancien centre-ville. Devant une assistance composée en bonne partie de jeunes, il a martelé le message central de sa campagne, l’abstention ne règle rien. « Le désengagement n’offre pas de solutions aux problèmes des citoyens. Vous devez tous vous impliquer dans ces élections afin de choisir les candidats capables de prendre en charge vos ambitions et vos préoccupations », a-t-il lancé. Le chef du FFS a ensuite enchaîné les déplacements, cap sur Tizi-Ouzou puis Alger, une course effrénée caractéristique de ces dernières heures de campagne où chaque heure, chaque meeting compte.

À Tizi-Ouzou justement, à la Maison de la culture Mouloud-Mammeri, c’est Atmane Mazouz, président du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), qui a pris le relais. Sa lecture du scrutin à venir est résolument institutionnelle. Pour lui, le 2 juillet n’est pas seulement un rendez-vous électoral ordinaire, mais une « opportunité pour consolider les fondements démocratiques » du pays. Il a plaidé pour un engagement de terrain durable et le renforcement de l’État de droit, avant d’aborder les questions sociales, le pouvoir d’achat des retraités, l’éducation qu’il a qualifiée de « pilier de l’avenir de la nation », comme pour rappeler que le Parlement à élire aura une lourde charge programmatique.

Le même souci de l’après-vote anime Lamine Osmani, président de Sawt Echaâb, qui s’est exprimé depuis El-Eulma, dans la wilaya de Sétif. Sans détour, il a décrit ce que ses candidats feront une fois élus.« Ils ouvriront des permanences pour rester en contact avec les citoyens, afin de transmettre leurs préoccupations, défendre leurs intérêts et de proposer des lois émanant de la base », dit-il. Une promesse de proximité qui tranche avec le discours plus institutionnel d’autres formations, mais qui vise le même objectif, mobiliser un électorat encore hésitant.

La jeunesse, elle, est au cœur de la campagne de plusieurs formations. À Tipasa, Tahar Benbaïbeche, président d’El-Fadjr El-Djadid, a bâti l’intégralité de son discours autour de cette catégorie qu’il considère comme « le moteur de la société et l’avenir du pays ». Son programme promet de consolider les conditions sociales des jeunes, de développer le système éducatif et de lutter contre les fléaux de la drogue et de la délinquance. À Médéa, Omar Brixi Gormat, président du Mouvement des jeunes algériens (MJA), a lui aussi mis en avant le rôle des jeunes compétences dans le processus politique et économique national, appelant la jeunesse à « faire valoir ses compétences au service de la nation ». « Les candidats du MJA s’engagent à mettre la compétence des jeunes au service de la nation et du citoyen », a-t-il affirmé.

Mohamed Daoui, président du Parti El-Karama, a quant à lui choisi Mostaganem pour délivrer un message plus exigeant à l’égard des futurs élus. Il ne s’agit pas seulement d’être présent à l’Assemblée, mais d’y être utile. Il a appelé à « élire des députés influents, conscients de leurs responsabilités, faisant preuve de sincérité et de courage, et prenant l’initiative de proposer des projets répondant aux attentes des citoyens ». Il a précisé que son parti avait assuré la formation de ses candidats dans ce domaine, une manière de signaler que la qualité du travail parlementaire ne saurait être improvisée.

À Guelma, Djamel Benziadi, président du Parti de la Liberté et de la Justice (PLJ), a enfoncé le clou sur la question de la représentation. « Une participation massive est le seul moyen pour les citoyens de choisir des représentants au Parlement capables de transmettre leurs préoccupations aux autorités concernées, tant au niveau central que local, et d’accomplir pleinement leurs missions législatives et de contrôle », a-t-il soutenu. Avant de rallier Constantine pour un second meeting en soirée.

Alger, elle, a concentré les deux poids lourds de cette dernière journée de campagne. La secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, a réuni ses militants à la salle Sierra Maestra, dans le centre de la capitale. Fidèle à sa tradition d’ancrage dans les questions sociales, elle a déroulé les 37 engagements de son parti, articulés autour de la protection des droits sociaux, du pouvoir d’achat, de l’emploi des jeunes et du renforcement des services publics. Mais sa déclaration la plus forte était politique. Participer à ces législatives, selon elle, relève d’une « responsabilité nationale pour immuniser le pays et renforcer le rôle de ses institutions élues ». Elle a également rappelé que le prochain parlement « est appelé à jouer un rôle plus actif dans la promulgation de lois répondant aux aspirations des citoyens ».

À la salle omnisports Mehdi-Boualem de Baraki, Monder Bouden, secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), a lui adopté un ton résolument conquérant. Son parti, a-t-il martelé, participe à ces législatives « avec détermination et résolution afin de remporter la victoire et devenir la première force politique, avec une formation cohérente et un groupe parlementaire fort ». Il a évoqué les grandes priorités inscrites à son programme — la révision de l’âge de départ à la retraite, l’amélioration du pouvoir d’achat, la santé, l’éducation — et appelé les Algérois à « placer leur confiance dans les candidats du RND ». Le même Bouden avait encore Batna et Mila au programme de sa journée.

Jusqu’aux listes indépendantes qui se sont invitées dans cette dernière mobilisation. À Sidi Bel-Abbès, le représentant de la liste « El Waïe oua Lem Echeml », Rahoui Zouaoui, a rappelé que les réformes politiques et la nouvelle loi électorale « ont ouvert la voie aux compétences nationales afin qu’elles contribuent à la poursuite de l’édification de l’Algérie nouvelle ». Il a estimé que la voix du citoyen est « l’outil le plus puissant pour façonner l’avenir ».

Ce dimanche soir à minuit, rideau. Le silence électoral s’imposera et les urnes prendront le relais des tribunes. Ce qu’auront retenu les électeurs de ces 20 jours de campagne se traduira par les urnes et par la participation. L’enjeu est là, répété à l’envi par toutes les formations. Une Assemblée populaire nationale représentative et forte ne se construit pas sans une participation à la hauteur de ce que le pays attend de ses institutions.

Hocine Fadheli

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