Fadila Lamari expose à la maison de la culture de Béjaïa : Des galets de la plage aux œuvres d’art
La maison de la culture de la wilaya de Béjaïa abrite, depuis samedi et jusqu’au 30 juin courant, l’exposition « L’art des galets » de l’artiste Fadila Lamari, inaugurée dans l’après-midi à la salle « Moussa Oulmou », où le public béjaoui découvre une collection de tableaux et d’objets de décoration façonnés à partir de simples pierres ramassées sur le littoral.
Dans la lumière douce de la salle d’exposition, des dizaines de galets polis par la mer se sont mués en bestiaire fantastique, en bouquets de fleurs et en scènes du quotidien, fixés avec minutie sur des plaques de bois. Chaque pièce raconte une histoire arrachée au sable et aux vagues, comme si la Méditerranée elle-même avait confié à l’artiste un peu de sa mémoire minérale pour la transformer en récit visuel.
Cette aventure artistique, Fadila Lamari la fait remonter à 2024, à un instant de tendresse improvisé sur une plage. L’artiste confie à l’APS que tout avait commencé par un jeu, lorsqu’elle ramassait des galets pour dessiner des animaux sur le sable afin de consoler une fillette en pleurs. « Tout a commencé par un jeu. On ramassait des galets pour faire des dessins d’animaux sur la plage. L’idée a beaucoup plu à la fillette qui a retrouvé le sourire. Et pour moi ce fut un déclic de m’engager dans cette voie artistique », a-t-elle raconté.
De ce geste spontané est née une véritable démarche créative. L’artiste compose aujourd’hui des œuvres qu’elle qualifie elle-même d’originales, où les galets épousent des formes d’animaux, de fleurs et de scènes puisées dans la nature et la vie de tous les jours. Sous ses doigts, la pierre brute perd sa froideur minérale pour épouser des silhouettes vivantes, entre naïveté assumée et sens aigu du détail, dans un dialogue permanent entre la matière et l’imaginaire.
Avant de poser ses œuvres dans la salle « Moussa Oulmou », Fadila Lamari avait déjà présenté son travail à la Chambre de l’artisanat et des métiers de Béjaïa, une première sortie publique qui lui avait permis de mesurer l’accueil réservé à cette forme d’expression encore peu courante sur la scène artistique locale. L’exposition de la maison de la culture constitue ainsi une nouvelle étape dans ce parcours, et une occasion supplémentaire de faire connaître au public sa conviction profonde qu’un simple galet, ramassé au hasard d’une promenade sur la plage, peut devenir une véritable œuvre d’art.
L’initiative s’inscrit également dans la vocation de la maison de la culture de Béjaïa, qui multiplie depuis plusieurs saisons les espaces ouverts aux talents locaux issus de pratiques artistiques non conventionnelles, à la croisée de l’artisanat et des beaux-arts. Jusqu’au 30 juin, les visiteurs de la maison de la culture de Béjaïa pourront ainsi déambuler parmi ces fragments de littoral transfigurés, témoins silencieux d’une histoire née d’un sourire d’enfant et devenue, deux ans plus tard, une démarche artistique à part entière, portée par une femme qui a su transformer un geste de réconfort en vocation créative durable.
M.S.

